L’Union africaine appelle à réformer son architecture de paix et de sécurité

L’Union africaine (UA) a appelé, dimanche 30 août à Luanda, à une réforme « urgente » de son architecture continentale de paix et de sécurité, à l’occasion d’une 21e session extraordinaire de son Assemblée consacrée à la prévention et à la résolution des conflits. « La prévention doit devenir notre priorité », a déclaré le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, devant les chefs d’État et de gouvernement réunis en Angola.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Le responsable a identifié trois priorités : des systèmes d’alerte précoce plus efficaces, une meilleure application des décisions de l’UA et un financement durable des opérations de paix. « L’Afrique manque non seulement de mécanismes de prévention, mais aussi de la capacité collective à les activer tôt, à les financer durablement et à faire respecter ses propres décisions », a-t-il résumé.

Sur le plan financier, l’UA souhaite rendre pleinement opérationnel son Fonds pour la paix afin de réduire sa dépendance aux financements extérieurs, et accélérer la mise en œuvre de la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui autorise des contributions obligatoires des États membres de l’ONU aux opérations de paix menées par l’UA.

Les débats ont été nourris par plusieurs crises en cours sur le continent, notamment au Soudan, dans l’est de la République démocratique du Congo, en Somalie, dans le Sahel, en Libye et dans le nord du Mozambique, sur fond de menaces transnationales comme le terrorisme, l’extrémisme violent, la piraterie et la criminalité organisée.

La mission en Somalie, exemple des fragilités financières

La mission de l’UA en Somalie (Aussom), qui compte jusqu’à 11 826 personnels en uniforme, illustre ces fragilités : elle dépend fortement de l’appui logistique des Nations unies, alors que les États-Unis prévoient de mettre fin à leur financement de ce soutien à partir de 2027.

Les discussions doivent déboucher sur un « plan d’action de Luanda » chargé de préciser les mécanismes opérationnels concrets : qui déclenche les alertes, dans quels délais, selon quels protocoles d’intervention, et comment faire respecter les décisions collectives tout en préservant la souveraineté des États africains sur leur agenda de paix.

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