Les États-Unis mettent en garde le Nigéria contre les armes russes
Les États-Unis accentuent la pression sur le Nigeria. Dans un rapport publié le 23 février 2026 par Riley Moore, des commissions du Congrès recommandent officiellement à Abuja de se détourner des équipements militaires russes au profit de systèmes américains. Cette orientation s’inscrit dans un document plus large portant sur la liberté religieuse, la lutte contre le terrorisme jihadiste et la réduction des influences russe et chinoise en Afrique.

Les États-Unis accentuent la pression sur le Nigeria. Dans un rapport publié le 23 février 2026 par Riley Moore, des commissions du Congrès recommandent officiellement à Abuja de se détourner des équipements militaires russes au profit de systèmes américains. Cette orientation s’inscrit dans un document plus large portant sur la liberté religieuse, la lutte contre le terrorisme jihadiste et la réduction des influences russe et chinoise en Afrique.
Le rapport intervient après la décision du président Donald Trump de classer à nouveau le Nigeria parmi les « pays de préoccupation particulière » (CPC) en matière de liberté religieuse. Washington estime que les violences communautaires persistantes, notamment dans la Middle Belt, et les attaques visant des chrétiens justifient un renforcement de la coopération bilatérale assorti d’exigences politiques et sécuritaires. Dans cette logique, le Congrès propose un accord structuré entre les deux pays afin de contrer les groupes jihadistes, protéger les populations vulnérables et approfondir l’assistance sécuritaire américaine.
Au cœur des recommandations figure l’abandon progressif des armements russes. Les commissions parlementaires américaines considèrent qu’une transition vers des équipements américains permettrait d’améliorer l’interopérabilité, de faciliter le soutien technique et d’accélérer les ventes via le mécanisme des Foreign Military Sales. Cette réorientation est également perçue comme un levier géopolitique destiné à réduire l’empreinte stratégique de Moscou dans le secteur sécuritaire nigérian et, plus largement, à contenir les influences concurrentes en Afrique de l’Ouest.
Le rapport ne se limite pas à la question militaire. Il évoque aussi des sanctions ciblées contre les auteurs de violences antichrétiennes, la remise en cause de certaines législations liées à la charia et au blasphème, ainsi qu’une évaluation nationale approfondie des violences sectaires. Des pressions économiques, notamment autour des exportations de bœuf associées aux tensions impliquant des éleveurs armés, sont également mentionnées comme instruments potentiels de dissuasion.
À ce stade, aucune réaction officielle du gouvernement nigérian n’a été rendue publique. Ni la présidence, ni le ministère des Affaires étrangères, ni celui de la Défense ne se sont exprimés sur ces recommandations. Par le passé, Abuja a défendu sa souveraineté dans ses choix d’approvisionnement militaire, diversifiant ses partenaires, y compris la Russie, tout en maintenant une coopération sécuritaire active avec Washington. Des ventes d’armes américaines avaient d’ailleurs été approuvées en 2025 et des échanges avaient eu lieu avec des responsables américains sur les questions de sécurité et de violences communautaires.
La séquence actuelle illustre toutefois un durcissement du discours américain, où l’armement devient un outil de conditionnalité diplomatique. L’évolution de la coopération sécuritaire entre Washington et Abuja dépendra désormais de la réponse nigériane et de l’équilibre que le pays choisira de maintenir entre diversification stratégique et rapprochement renforcé avec les États-Unis.
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