Le Royaume-Uni défend l’accord de restitution des îles Chagos à Maurice, site d’une base américano-britannique, qualifié de «grande stupidité» par Donald Trump
Le 20 janvier 2026, un porte-parole de Downing Street a réagi aux critiques formulées par l’ancien président américain Donald Trump à propos de l’accord de restitution des îles Chagos du Royaume-Uni à Maurice. Londres a affirmé que cet accord « garantit les opérations de la base américano-britannique de Diego Garcia pour des générations« , tout en soulignant l’appui public apporté par plusieurs alliés et partenaires internationaux.

Le 20 janvier 2026, un porte-parole de Downing Street a réagi aux critiques formulées par l’ancien président américain Donald Trump à propos de l’accord de restitution des îles Chagos du Royaume-Uni à Maurice. Londres a affirmé que cet accord « garantit les opérations de la base américano-britannique de Diego Garcia pour des générations« , tout en soulignant l’appui public apporté par plusieurs alliés et partenaires internationaux.
Les garanties de Londres sur Diego Garcia
Dans sa déclaration, le porte-parole du gouvernement britannique a insisté sur le maintien des capacités militaires sur l’atoll de Diego Garcia, site d’une importante base conjointe américano-britannique. Selon Downing Street, l’accord trouvé avec Port-Louis prévoit des dispositions permettant aux forces alliées de continuer leurs activités stratégiques sur la plate-forme pour une période longue, expression reprise par le gouvernement comme une garantie « pour des générations ».
Le même porte-parole a rappelé que cet accord avait été salué publiquement par les États-Unis, l’Australie et l’ensemble des pays du réseau de renseignement et de sécurité Five Eyes (Canada, Nouvelle-Zélande), ainsi que par des partenaires internationaux clés tels que l’Inde, le Japon et la Corée du Sud. Ces soutiens mettent en avant l’importance de la base pour la sécurité régionale et pour le maintien d’une capacité de projection et de surveillance dans l’océan Indien.
Contexte historique et enjeux régionaux
Les îles Chagos, détachées de la colonie de Maurice à la veille de son indépendance dans les années 1960, ont longtemps été au centre d’un contentieux juridique et diplomatique. En 2019, la Cour internationale de Justice avait rendu un avis consultatif jugeant que le retrait des Chagos du territoire mauricien avait été illégal et recommandant que le Royaume-Uni mette fin à son administration. L’Assemblée générale des Nations unies avait ensuite invité le Royaume-Uni à transférer la souveraineté à Maurice.
La création et l’exploitation de la base de Diego Garcia avaient auparavant entraîné le déplacement forcé des populations chagossiennes, un volet humain du dossier resté au cœur des revendications mauriciennes. Le récent accord bilatéral vise à concilier la restitution de la souveraineté avec les intérêts de défense des alliés occidentaux, mais laisse ouvertes des questions de réparation, de réinstallation des populations et de gestion des ressources marines autour de l’archipel.
Conséquences pour l’Afrique et prochaines étapes
Pour les Etats insulaires et les pays riverains de l’océan Indien, dont plusieurs États africains, l’évolution du statut des Chagos revêt une importance stratégique et symbolique. L’océan Indien est une artère majeure du commerce mondial et un espace où se croisent intérêts sécuritaires, maritimes et environnementaux. Le maintien des capacités opérationnelles sur Diego Garcia est présenté par les partenaires occidentaux comme compatible avec la stabilité régionale, tandis que Maurice et d’autres acteurs africains continueront de surveiller l’application concrète des engagements pris.
Au-delà des assurances militaires, les questions humanitaires et juridiques persistent : réinstallation des Chagossiens, indemnisation et gestion des ressources naturelles demeurent des dossiers à suivre. Les prochaines étapes diplomatiques porteront sur la mise en œuvre technique de l’accord et sur les garanties accordées à toutes les parties impliquées, y compris à la population chagossienne et aux pays de la région.
