« Le président Éric Houndété va toujours échouer », Habibou Woroucoubou
Dans une déclaration sur Bip Radio, Habibou Woroucoubou, cadre du parti Les Democrates, livre une lecture sans concession de la situation que traverse le parti, pointant directement la responsabilité de Éric Houndété.

Pour Habibou Woroucoubou, la situation de bicephalisme que vit actuellement le parti, ne remet pas en cause le fonctionnement du parti, malgré la saisine de la justice sur la question de la présidence de Nourénou Atchadé. Selon lui, ce contentieux ne constitue en rien un blocage institutionnel. « Le parti continue de fonctionner normalement », insiste-t-il, soulignant que les mécanismes internes restent opérationnels, notamment à travers la tenue d’un Conseil national avec quorum atteint.
Mais au-delà de la procédure judiciaire, c’est surtout l’attitude d’Éric Houndété qui cristallise les critiques. Habibou Woroucoubou l’accuse ouvertement d’avoir pris position en faveur de la mouvance présidentielle, en contradiction directe avec la ligne officielle du parti.
Selon, Woroucoubou, le cœur du reproche porte sur le non-respect des décisions internes. Le Conseil national des Démocrates avait en effet acté une position de neutralité pour la présidentielle. Une orientation que, selon Woroucoubou, Houndété aurait publiquement contournée. « C’est lui-même qui a présidé la séance, et pourtant il va à l’encontre de la décision prise », déplore-t-il, évoquant une forme de « rébellion interne ».
Dans son analyse, cette posture affaiblit la légitimité d’Éric Houndété à prétendre diriger le parti. « Pensez-vous que celui-là peut être le président du parti ? Ça ne s’entend pas », tranche-t-il.
Une bataille de majorité en toile de fond
Au sein des Démocrates, la crise dépasse les questions de procédure pour s’ancrer dans un rapport de forces interne. Pour Habibou Woroucoubou, l’issue ne fait guère de doute car Éric Houndété ne disposerait pas de la majorité nécessaire. « Le président Éric va toujours échouer, parce que c’est une question de majorité », affirme-t-il en estimant que les équilibres internes du parti jouent clairement en sa défaveur.
Même dans l’hypothèse d’une décision judiciaire défavorable à la désignation de Nourénou Atchadé, il relativise les conséquences. Une reprise du processus électif, selon lui, reconduirait mécaniquement les mêmes rapports de force.
Notons que cette prise de position s’inscrit dans une crise plus large qui oppose deux camps autour de la direction du parti. D’un côté, les partisans de Nourénou Atchadé, qui revendiquent la légitimité issue du Conseil national. De l’autre, le camp d’Éric Houndété, qui conteste la régularité de cette désignation et a saisi la justice pour l’annuler.
Cette dualité de leadership a installé une situation de blocage politique et symbolique au sommet du parti, alimentée par des sanctions internes, des recours judiciaires et des prises de position publiques divergentes . Habibou Woroucoubou appelle Éric Houndété à clarifier sa position. S’il souhaite réellement rejoindre la mouvance présidentielle, il estime qu’une démission serait plus cohérente.
« L’honnêteté intellectuelle et la décence commandent qu’il démissionne », lance-t-il, estimant qu’il s’agit là de « la meilleure posture ».
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