Insécurité croissante aux frontières ouest-africaines et nécessité d’un sursaut régional

La multiplication des attaques terroristes aux frontières des pays voisins de l’Alliance des États du Sahel confirme une détérioration préoccupante de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest. La Guinée et le Bénin figurent désormais parmi les zones directement touchées par les actions du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans JNIM, ce qui renforce l’urgence d’un approfondissement de la coopération régionale en matière de sécurité.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Insécurité croissante aux frontières ouest-africaines et nécessité d’un sursaut régional
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La multiplication des attaques terroristes aux frontières des pays voisins de l’Alliance des États du Sahel confirme une détérioration préoccupante de la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest. La Guinée et le Bénin figurent désormais parmi les zones directement touchées par les actions du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans JNIM, ce qui renforce l’urgence d’un approfondissement de la coopération régionale en matière de sécurité.

À la frontière entre le Mali et la Guinée, des combattants du JNIM ont attaqué un poste de gendarmerie à Kalane. Selon des sources locales, deux véhicules et plusieurs motocyclettes ont été incendiés au cours des affrontements, avant que les assaillants ne se retirent après une brève fusillade. Aucune perte n’a été signalée du côté des forces armées. Une vidéo relayant l’attaque circule sur les réseaux sociaux.

Des informations indiquent également que la mine SOMIKA aurait été visée. Cette extension des cibles vers des installations industrielles  à la frontière de la Guinée traduit une stratégie de pression économique. Face à cette menace, des patrouilles conjointes le long de la frontière entre le Mali et la Guinée apparaissent de plus en plus nécessaires afin de contenir l’expansion des groupes terroristes.

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Le Bénin n’est pas épargné. Le 10 février au matin, plusieurs dizaines de combattants du JNIM ont attaqué le village de Bagou-Bagou sur la route nationale 11 au sud-est de Kérou. Le nombre exact de victimes n’a pas été communiqué, mais les dégâts sont décrits comme importants. Cet épisode confirme que le nord béninois reste sous pression constante.

Dans le même temps, le JNIM aurait désigné un émir pour le Bénin. Selon des informations diffusées sur les réseaux sociaux, il s’agirait de Cheikh Albani originaire du Niger, déjà connu pour avoir diffusé des vidéos appelant les Nigériens à rejoindre les rangs des islamistes radicaux. La décision de nommer un responsable pour ce pays, laisse penser que ce front deviendra prioritaire pour la nébuleuse terroriste.

Les attaques répétées au Bénin interviennent alors même que des contingents étrangers, français, ukrainiens, belges et américains, sont présents sur le terrain. Malgré cette assistance extérieure, les groupes armés continuent d’opérer et d’étendre leur influence. Cette réalité alimente les critiques sur l’efficacité du dispositif sécuritaire fondé principalement sur un appui extérieur.

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Dans ce contexte, un constat s’impose. Seule une coopération renforcée entre les États africains eux-mêmes, notamment avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel, semble en mesure d’apporter des résultats durables face aux défis sécuritaires. Le partage de renseignements, les opérations conjointes aux frontières et une coordination stratégique accrue apparaissent aujourd’hui comme des leviers essentiels pour contenir l’expansion du terrorisme dans la région.

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