Guinée équatoriale : la Banque nationale accusée de prélèvements discrets pour près de 200 millions

À Malabo, le vice‑président Teodoro Nguema Obiang Mangue a ordonné le remboursement rapide de prélèvements considérés comme irréguliers effectués par la Banque nationale de Guinée équatoriale (BANGE) : près de 182 millions FCFA devaient être restitués à environ 12 000 clients affectés depuis février 2026, à la suite d’une enquête déclenchée par des plaintes d’usagers.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Guinée équatoriale : la Banque nationale accusée de prélèvements discrets pour près de 200 millions
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Les doléances des citoyens ont conduit la gendarmerie à ouvrir des investigations qui ont mis en lumière des anomalies dans les procédures de recouvrement. L’étude des dossiers a montré que la BANGE applique des prélèvements systématiques le 2 de chaque mois pour des pénalités de retard sur crédits, alors que le paiement des salaires de la fonction publique s’étale entre le 28 et le 5 du mois suivant. Ce décalage aurait mécaniquement exposé de nombreux emprunteurs à des pénalités jugées injustifiées.

Les données consolidées de l’enquête indiquent un débit moyen par client concerné de 17 250 FCFA, rapprochant le total cumulé des sommes en jeu des 200 millions FCFA. Face à ces constats, le vice‑président a exigé le remboursement intégral des sommes et la modification immédiate du mécanisme de recouvrement pour l’aligner sur le calendrier réel de paiement des agents publics, avec un délai d’exécution fixé par les autorités.

Services facturés sans consentement et corrections exigées

Au-delà des pénalités de retard, l’enquête a relevé d’autres pratiques problématiques. Des frais liés à des services de banque en ligne ont été prélevés alors que certains clients n’avaient ni adhéré ni été informés de l’activation de ces prestations. Des cas de facturation de cartes bancaires avant leur livraison, ainsi que des doubles facturations lors de remplacements, ont également été signalés.

Selon les éléments présentés lors de la réunion du 2 avril au Palais du Peuple, les autorités ont imposé que ces services deviennent strictement optionnels et que leur activation dépende d’une demande explicite et documentée du client. La BANGE, toujours d’après des sources gouvernementales, aurait confirmé la mise en œuvre immédiate de correctifs destinés à garantir un consentement préalable pour toute offre additionnelle et à rectifier les anomalies de facturation identifiées.

Les pratiques dénoncées en Guinée équatoriale trouvent des échos dans d’autres pays de la sous‑région : au Cameroun et ailleurs, des usagers déposent régulièrement des plaintes pour frais mensuels de tenue de compte estimés opaques, frais de carte non communiqués ou prélèvements pour services digitaux sans consentement explicite. Les autorités de Malabo ont rappelé aux établissements bancaires l’obligation de transparence et de conformité aux procédures en vigueur

Les remboursements de près de 182 millions FCFA à environ 12 000 clients de la BANGE devaient être effectués dans un délai de 24 heures, selon les sources gouvernementales.

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