Guerre en Iran : des étudiants kenyans évacués de Dubaï

Depuis le 28 février 2026, les frappes américano-israéliennes visant l’Iran ont provoqué une crise régionale qui affecte directement des millions d’Africains présents, travaillant ou de passage dans la zone du Golfe. Un groupe d’élèves venus de Mombasa et coincés à Dubaï illustre concrètement ces conséquences.

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Guerre en Iran : des étudiants kenyans évacués de Dubaï
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Depuis le 28 février 2026, les frappes américano-israéliennes visant l’Iran ont provoqué une crise régionale qui affecte directement des millions d’Africains présents, travaillant ou de passage dans la zone du Golfe. Un groupe d’élèves venus de Mombasa et coincés à Dubaï illustre concrètement ces conséquences.

Le 23 février 2026, des élèves de l’école Olivine de Mombasa, encadrés par quatre enseignants, ont débarqué à Dubaï pour un voyage scolaire axé sur l’architecture et l’économie de la ville ; leur retour était prévu le 28 février.

Le 28 février, au lancement des premières frappes sur Téhéran et d’autres villes iraniennes, les espaces aériens du Golfe ont été fermés et l’aéroport de Dubaï a suspendu une grande partie de ses vols, laissant les scolaires et leurs accompagnateurs bloqués. Ils ont passé quatre jours repliés dans des sous-sols d’hôtels, soumis aux alertes aux missiles et voyant d’abord évacués des ressortissants américains et européens. La directrice de l’établissement, Dr. Olive Kamene Tindika, a raconté que les enfants ont vécu une leçon de résilience forcée, découvrant ce que signifie se retrouver seuls et éloignés de chez eux dans une zone en guerre.

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Rapatriement et arrivée à Nairobi

Le 5 mars 2026, Kenya Airways a affrété un vol spécial, le KQ305, après avoir obtenu des couloirs aériens sécurisés. L’appareil a atterri à l’aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi avec à son bord les élèves, leurs enseignants et d’autres Kényans bloqués à Dubaï, et des scènes d’émotion ont été signalées à l’arrivée.

La compagnie a indiqué prévoir des rotations supplémentaires pour poursuivre le rapatriement de ses ressortissants. Justin Muturi, pour l’opposition kényane, a demandé que ces vols de retour soient gratuits pour les personnes affectées par le conflit.

Selon le gouvernement du Kenya, plus de 500 000 Kényans résident et travaillent au Moyen-Orient, principalement en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, au Qatar et au Koweït. Ils sont majoritairement employés comme personnels domestiques, infirmières, chauffeurs ou ouvriers du bâtiment. Nairobi a mobilisé ses représentations diplomatiques dans la région pour recenser et suivre les ressortissants susceptibles d’être en danger.

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La même situation prévaut pour d’autres États africains : des centaines de milliers d’Éthiopiens, d’Ougandais, de Tanzaniens et de Ghanéens exercent dans les pays du Golfe. Ces travailleurs sont particulièrement vulnérables en cas d’escalade : ils disposent souvent de peu d’appui diplomatique, manquent parfois des moyens financiers pour financer un retour et sont fréquemment absents des premières vagues d’évacuation qui privilégient les citoyens occidentaux.

Le Croissant-Rouge iranien a fait état, au 3 mars 2026, d’au moins 787 morts en Iran depuis le début des frappes du 28 février. Plus de 4 000 bombes et missiles auraient été utilisés, visant plus de 2 000 objectifs en moins de 100 heures. Les attaques ont touché, selon les bilans, des sites nucléaires, des bases militaires, les aéroports de Mehrabad et de Tabriz, le bureau présidentiel et le Conseil suprême de sécurité nationale.

Les ripostes iraniennes ont, selon les services de secours israéliens, fait 10 morts en Israël. L’Iran a également lancé des missiles en direction de bases américaines situées en Arabie saoudite, au Koweït, en Irak et à Oman, parmi d’autres pays de la région, et sa marine a été en grande partie neutralisée.

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