Goma : économie paralysée un an après la prise par le M23

Un an après la prise de Goma par la rébellion du M23, appuyée par le Rwanda selon plusieurs sources, l’activité économique de la capitale du Nord-Kivu est quasi inexistante : marchés dépeuplés, commerces à l’arrêt, banques fermées et une hausse des prix qui étouffe le pouvoir d’achat des ménages.

Le
Actus
143vues
Goma : économie paralysée un an après la prise par le M23
Publicité
2 min de lecture
Google News

Un an après la prise de Goma par la rébellion du M23, appuyée par le Rwanda selon plusieurs sources, l’activité économique de la capitale du Nord-Kivu est quasi inexistante : marchés dépeuplés, commerces à l’arrêt, banques fermées et une hausse des prix qui étouffe le pouvoir d’achat des ménages.

Au marché central, qui constituait autrefois l’animation et la principale source de revenus pour de nombreuses familles, les étals subsistent mais les acheteurs se comptent désormais en très petit nombre. La flambée des prix a réduit drastiquement la capacité d’achat des consommateurs, entraînant une forte précarisation pour des milliers de foyers.

Les commerçants rencontrent d’importantes difficultés pour s’approvisionner et écouler leurs stocks. Plusieurs d’entre eux affirment avoir vu leurs recettes divisées par dix, voire davantage, depuis le début de l’occupation. Les activités informelles, longtemps filet de sécurité pour une large frange de la population, ne suffisent plus à couvrir les dépenses essentielles.

Publicité

Perturbations des circuits financiers, recul des emplois et crise humanitaire

La fermeture prolongée des agences bancaires constitue un frein majeur à la circulation de l’argent : retraits impossibles, crédits inacessibles, incapacité pour les petites entreprises à réinvestir. Sans un système financier opérationnel, les échanges commerciaux sont limités et l’épargne des ménages n’est plus protégée.

La crise sécuritaire a aussi provoqué le départ d’un grand nombre d’entreprises, tant locales qu’internationales. Leur exode s’est traduit par la disparition de milliers d’emplois et une montée du chômage. Les postes perdus dans le secteur formel ne sont pas compensés par les activités informelles, désormais insuffisantes pour absorber les travailleurs licenciés.

Le témoignage d’un vendeur du marché illustre l’effondrement des recettes quotidiennes : disposant auparavant d’un capital de l’ordre de 1 000 dollars, il dit n’en avoir plus que 100 aujourd’hui et ne réaliser que des ventes dérisoires au regard de ce qu’il obtenait avant le conflit. Là où il écoulait l’essentiel de sa marchandise en début de journée, les files d’acheteurs ont quasiment disparu.

Publicité

Outre l’impact économique, la situation s’inscrit dans un contexte humanitaire déjà lourd : selon les Nations unies, le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo a provoqué le déplacement de plus de sept millions de personnes. Les populations de Goma se retrouvent prises entre insécurité, perte de revenus et accès restreint aux services financiers

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité