Gabon : vers une restructuration tarifaire du transport aérien pour booster le trafic régional

Le Gabon engage une réforme structurelle de sa fiscalité aéroportuaire sous l’impulsion de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), avec pour objectifs affichés la transparence des coûts d’escale et l’optimisation de la chaîne de valeur à l’aéroport Léon-Mba de Libreville, afin de rendre les escales plus prévisibles et compétitives pour les compagnies aériennes, y compris les opérateurs régionaux et low-cost.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Economie
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Gabon : vers une restructuration tarifaire du transport aérien pour booster le trafic régional
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Lors d’une réunion tenue le 1er avril, les autorités ont convoqué l’ensemble des acteurs majeurs du secteur — gestionnaires d’aéroports, prestataires de handling, opérateurs de catering, compagnies aériennes et représentants du régulateur — pour dresser un état des lieux détaillé des redevances d’atterrissage, des frais d’assistance en escale et des autres composantes tarifaires. L’initiative vise à lever le voile sur des coûts jugés opaques et à identifier les éléments de tarification qui pèsent sur la compétitivité des liaisons aériennes desservant Libreville.

Dans un contexte régional marqué par des tarifs d’aviation parmi les plus élevés de la zone CEMAC, le gouvernement gabonais présente cette démarche comme une manœuvre stratégique destinée à renforcer l’attractivité du hub de Libreville face à des places concurrentes comme Douala et Brazzaville. Les autorités mettent en avant la nécessité d’une tarification plus lisible pour faciliter l’entrée de nouveaux transporteurs et pour améliorer la prévisibilité des coûts d’exploitation.

Audit des coûts, ajustements tarifaires et surveillance réglementaire

Le cœur du dispositif annoncé repose sur un audit approfondi de la chaîne des coûts aéroportuaires et sur l’exigence d’une ventilation fine des recettes et dépenses par les gestionnaires et prestataires. Les responsables gouvernementaux ont demandé la communication de données financières détaillées afin d’identifier les goulots d’étranglement opérationnels et les postes tarifaires susceptibles d’être révisés au regard des réalités d’exploitation.

Les autorités argumentent que l’alignement des prélèvements sur les réalités opérationnelles permettra de revoir les modèles de rentabilité, aujourd’hui souvent basés sur des marges unitaires élevées. L’objectif déclaré est de réduire le seuil de rentabilité des liaisons vers Libreville pour favoriser une augmentation des volumes de passagers et de fret, et non simplement de procéder à une baisse isolée des tarifs.

Parmi les pistes évoquées figurent la mise en place d’incitations fiscales ciblées et proportionnelles à l’activité réelle, ainsi que la clarification des règles de facturation pour les services annexes. Les discussions ont également porté sur le calendrier réglementaire, les autorités visant l’élaboration d’un nouveau cadre sectoriel d’ici 2026.

Les promoteurs de la réforme estiment qu’une meilleure visibilité sur la structure des coûts permettra d’attirer des investissements privés dans les services aéroportuaires — catering, logistique au sol, handling — en fournissant des projections financières plus fiables aux opérateurs intéressés.

La DGCCRF a formellement exigé, lors de la réunion du 1er avril, que les gestionnaires et prestataires produisent une ventilation précise de leurs données financières afin de nourrir l’audit en cours

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