Gabon : Karpowership menace de couper l’électricité de Libreville
Libreville se retrouve sous la menace d’une importante interruption d’électricité après une mise en demeure adressée par une entreprise turque fournissant une partie de l’énergie de la capitale. Selon la société, ses livraisons risquent de s’arrêter faute de règlement par l’État gabonais.

La date limite fixée par l’entreprise a expiré le 18 mars 2026, ont indiqué des documents rendus publics. La compagnie affirme que les paiements attendus n’ont pas été honorés et qu’elle se trouve désormais dans une situation financière critique.
Une lettre de l’entreprise, diffusée sur les réseaux sociaux, témoigne de l’escalade du conflit : Karpowership déplore notamment l’absence de réponse à plusieurs relances, y compris une médiation engagée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema et six courriers de rappel envoyés à l’exécutif.
La société réclame le versement immédiat de 15 milliards de francs CFA (environ 22,8 millions d’euros) à la Société d’énergie et d’eau du Gabon (Seeg), faute de quoi elle menace de mettre fin à la production fournie par ses installations flottantes.
« L’alimentation électrique ne sera pas interrompue »
La perspective d’une coupure générale a provoqué une vive inquiétude chez les habitants de la capitale, inquiets notamment pour les nuits chaudes et les désagréments sanitaires. Dans la nuit ayant suivi l’annonce, le directeur général de la Seeg, Steeve Saurel Legnongo, a cherché à désamorcer la panique en affirmant que le réseau ne serait pas déconnecté.
Le responsable a par ailleurs assuré que l’État multiplie les investissements pour diminuer la dépendance aux fournisseurs privés. Il a précisé que, d’ici décembre 2026, le Gabon prévoit d’ajouter 150 mégawatts de capacité de production — une puissance équivalente à celle fournie actuellement par la société turque.
Karpowership est présente au Gabon depuis septembre 2024 et exploite deux navires-usines capables de générer 150 MW, une quantité d’électricité qui couvre aujourd’hui une large part des besoins des foyers de Libreville.
Les discussions entre les autorités gabonaises et l’opérateur se poursuivent, alors que la question de la pérennité des solutions temporaires en mer et du financement des approvisionnements reste au cœur des débats.
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