Crise dans le détroit d’Ormuz: Londres refuse de suivre Washington
En pleine montée des tensions entre États-Unis et Iran, le Royaume-Uni décline toute participation au projet américain de blocus maritime. Londres privilégie la liberté de navigation et appelle à une réponse concertée avec ses alliés.

Le Royaume-Uni prend ses distances. Alors que les tensions entre États-Unis et Iran ne cessent de grimper, le Royaume-Uni a clairement fait savoir qu’il ne s’associerait pas au projet de blocus maritime du détroit d’Ormuz, avancé par Washington. Cette prise de position intervient dans la foulée d’une directive du président américain Donald Trump, demandant à la marine américaine de restreindre le passage des navires dans cette artère stratégique du commerce mondial.
À l’origine de cette escalade, l’échec des négociations nucléaires entre Washington et Téhéran. Après 21 heures d’échanges intensifs, les discussions n’ont débouché sur aucun accord, laissant en suspens plusieurs points majeurs, dont le programme nucléaire iranien. Véritable carrefour énergétique, le détroit d’Ormuz concentre à lui seul près de 20 % du transport mondial de pétrole, ce qui en fait un enjeu géopolitique de premier plan. Selon Sky News, Londres privilégie une approche plus mesurée. Un porte-parole du gouvernement britannique a ainsi réaffirmé la volonté du pays de garantir la sécurité et la fluidité des échanges maritimes, sans recourir à des mesures coercitives.
« Nous continuons de soutenir la liberté de navigation et la réouverture du détroit d’Ormuz, qui est vitale pour l’économie mondiale et le coût de la vie au niveau national », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Le détroit ne devrait pas être soumis à un péage. Nous collaborons activement avec la France et d’autres partenaires afin de former une large coalition pour préserver la navigation maritime. » En coulisses, les États-Unis avaient pourtant sollicité l’appui britannique, notamment pour le déploiement de dragueurs de mines afin de sécuriser la zone. Une demande restée sans suite.
Londres a toutefois précisé que ses moyens navals déjà présents dans la région, bien qu’équipés pour la guerre des mines, ne seraient pas engagés dans cette opération. De son côté, Donald Trump a officialisé son projet sur sa plateforme Truth Social, estimant qu’un tel dispositif s’imposait après l’impasse diplomatique avec l’Iran. S’il a reconnu certaines avancées lors des discussions, le locataire de la Maison-Blanche a insisté sur l’absence de résolution concernant des dossiers clés.



