Côte d’Ivoire : plusieurs tonnes de cacao bloquées dans les magasins

En Côte d’Ivoire, le secteur cacaoyer fait face à une crise de débouchés et de logistique : des dizaines de milliers de tonnes de fèves restent bloquées dans les magasins, au moment même où le prix garanti aux producteurs a été fortement réduit. Selon les derniers éléments communiqués par l’Organisation interprofessionnelle agricole café‑cacao (OIA), le volume non retiré atteint une fourchette située entre 55 000 et 60 000 tonnes, situation susceptible d’aggraver la trésorerie des opérateurs et de comprimer les capacités de stockage nationales.

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Economie
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Côte d’Ivoire : plusieurs tonnes de cacao bloquées dans les magasins
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L’OIA a détaillé un état des lieux daté du 19 mars 2026 : sur un stock total initialement recensé à 100 000 tonnes, seulement 37 774 tonnes ont été enlevées à cette date. En parallèle, 13 000 tonnes supplémentaires sont encore en cours de traitement dans les zones portuaires. Ces chiffres placent la quantité de cacao effectivement indisponible pour les bénéficiaires enregistrés dans une zone de tension logistique et commerciale.

Les responsables de la filière pointent une mauvaise estimation des besoins et une erreur d’affectation des volumes comme causes premières du blocage. L’OIA évoque une anomalie notable dans la répartition des lots subventionnés et signale l’intervention d’opérateurs non préalablement inscrits qui auraient réceptionné une partie du stock destiné à des bénéficiaires identifiés.

Blocage des stocks et demandes d’intervention institutionnelle

Des sources internes à l’organisation indiquent que 15 000 tonnes auraient été transférées vers l’opérateur Transcao et environ 30 000 tonnes vers un autre acteur dont l’identité n’a pas été confirmée publiquement. Ces transferts, selon l’OIA, se seraient effectués en dehors des circuits officiels, privant des planteurs et des négociants légitimes de volumes subventionnés. L’hypothèse d’opérations frauduleuses est ainsi avancée et fait l’objet d’une demande d’éclaircissements.

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Face à l’ampleur du problème, l’OIA a sollicité l’intervention des institutions de l’État, en saisissant l’Assemblée nationale, la Primature et la Présidence de la République. L’organisation milite pour une redistribution conforme des 291 milliards de francs CFA débloqués par l’État afin de garantir que les bénéficiaires enregistrés puissent accéder aux financements et évacuer leurs marchandises des entrepôts.

La faiblesse des capacités de stockage disponibles augmente l’urgence des mesures à prendre, selon les représentants du secteur : sans dégagement rapide des magasins, des tensions supplémentaires sur la chaîne d’approvisionnement et sur la trésorerie des acteurs sont à prévoir. La situation s’inscrit par ailleurs dans un contexte international défavorable, la Côte d’Ivoire, qui fournit près de 40 % du cacao commercialisé mondialement, ayant récemment ajusté son prix garanti aux producteurs.

Début mars 2026, les autorités ivoiriennes ont réduit le prix garanti de 2 800 FCFA/kg à 1 200 FCFA/kg, annonce présentée par le ministre Bruno Koné comme une décision difficile liée à l’évolution des cours mondiaux. Le Ghana, autre grand producteur ouest‑africain, avait engagé auparavant des baisses similaires des prix d’achat aux planteurs.

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