Côte d’Ivoire : le PPA-CI accuse le gouvernement de mauvaise gestion de l’électricité et du cacao

Jeudi 2 avril, Justin Koné Katinan, président du Conseil stratégique et politique (CSP) du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), a livré une critique frontale de la gestion de la crise de l’électricité et de celle du cacao par le gouvernement du président Alassane Ouattara, estimant que les explications officielles ne suffisent plus et appelant à des réponses structurelles face aux conséquences économiques pour les ménages et les entreprises.

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Côte d’Ivoire : le PPA-CI accuse le gouvernement de mauvaise gestion de l’électricité et du cacao
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Lors de sa prise de parole, Katinan a remis en question les motifs techniques avancés par les autorités pour justifier les coupures récurrentes d’électricité, jugeant ces interruptions symptomatiques de défaillances systémiques et d’un défaut d’anticipation au sommet de l’État. Proche de l’ancien président Laurent Gbagbo, il a dénoncé l’« usure du pouvoir » au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), arguant que le régime serait à court d’idées pour résoudre des problèmes devenus structurels.

Le responsable du PPA-CI a souligné le paradoxe selon lequel la Côte d’Ivoire exporte de l’électricité tout en peinant à couvrir ses propres besoins intérieurs, une situation qu’il qualifie d’incompréhensible et révélatrice d’un manque de planification. Il a également pointé les répercussions concrètes sur le tissu économique : liaisons d’approvisionnement perturbées, coûts opérationnels accrus pour les entreprises et ralentissement des activités industrielles et commerciales.

Critiques sur la gestion de l’électricité et du cacao et propositions du PPA-CI

Justin Koné Katinan a estimé que les responsables en place ne respectent pas les règles de gouvernance attendues dans ces secteurs stratégiques. Il a rejeté l’idée que les coupures soient de simples « incidents techniques » et imputé la responsabilité au manque d’investissement et à une gestion routinière du réseau de transport électrique. Selon lui, gouverner l’énergie nécessite davantage d’anticipation que de mesures correctives prises après la survenue des pannes.

Sur le dossier du cacao, le CSP du PPA-CI a accusé le gouvernement de politiser le prix garanti aux producteurs, citant la fixation du prix à 2 800 FCFA le kilo le 1er octobre 2025, quelques semaines avant la présidentielle, comme signe d’un « marketing politique » destiné à flatter les planteurs. Katinan a exigé que l’État assume ses décisions et s’est opposé à un retour rétroactif à un prix de 1 200 FCFA/kg, qualifiant toute modification en cours de saison de pratique cynique.

Outre la critique, le PPA-CI a formulé des propositions : une libéralisation totale de la filière café–cacao pour mettre fin au monopole étatique et l’instauration d’une taxe de solidarité frappant l’industrie du chocolat. Ces mesures sont présentées par le parti comme des moyens de redéployer les mécanismes de régulation et de redistribuer les gains de la chaîne de valeur auprès des producteurs.

Le gouvernement, de son côté, a annoncé un plan d’urgence pour faire face à la crise électrique et indiqué que des travaux ont été lancés afin d’atténuer les coupures, affirmation qui a été rappelée par les responsables du régime lors des communications publiques récentes

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