Côte d’Ivoire : la monnaie électronique gagne du terrain dans les wôrô-wôrô
La monnaie électronique connaît une croissance fulgurante au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : le volume des transactions a été multiplié par quarante entre 2014 et 2024, selon une étude de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Parmi les huit États de la zone franc CFA, le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent des taux d’utilisation supérieurs à 80 %, d’après la publication financière Sika Finance, tandis que le mobile money commence à remplacer les pièces dans les wôrô-wôrô d’Abidjan.

La monnaie électronique connaît une croissance fulgurante au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) : le volume des transactions a été multiplié par quarante entre 2014 et 2024, selon une étude de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Parmi les huit États de la zone franc CFA, le Bénin et la Côte d’Ivoire affichent des taux d’utilisation supérieurs à 80 %, d’après la publication financière Sika Finance, tandis que le mobile money commence à remplacer les pièces dans les wôrô-wôrô d’Abidjan.
La BCEAO, qui a analysé l’évolution des paiements numériques sur la dernière décennie, attribue cette progression à l’intensification des services de monnaie électronique proposés par des opérateurs télécoms et des institutions de paiement agréées. Le rapport met en lumière l’ampleur des flux traités via mobile money et autres instruments électroniques, sans pour autant fournir de montant monétaire global consolidé dans la synthèse publique consultée.
Sur le terrain, les usages changent rapidement : en Côte d’Ivoire, des chauffeurs de taxis collectifs acceptent désormais des paiements via codes USSD ou applications, réduisant la manipulation de petites monnaies. À Cotonou et dans d’autres centres urbains béninois, commerçants et prestataires de services affichent des numéros pour recevoir des versements électroniques. Ces évolutions concrètes corroborent les taux d’adoption élevés relevés par Sika Finance dans les deux pays.
Un basculement progressif des pratiques de paiement et des réseaux
Le paysage des paiements au sein de l’UEMOA se transforme sous l’effet de la montée en puissance des comptes électroniques, des réseaux d’agents et des solutions mobiles. La multiplication des points d’accès — boutiques, kiosques, bureaux d’agents — rend possible l’encaissement et le retrait de fonds sans recours systématique aux agences bancaires traditionnelles, selon les observations reprises par des acteurs du secteur.
Les opérateurs de téléphonie et les prestataires financiers ont développé des offres diversifiées : transferts, paiements de biens et services, rechargements et microcrédit. Ces services sont utilisés par des segments variés de la population urbaine et rurale, contribuant à une fluidité accrue des transactions quotidiennes. Les autorités monétaires de la zone ont suivi ces tendances à travers des études et des ajustements réglementaires destinés à encadrer la sécurité et la transparence des opérations électroniques, selon les communications officielles de la BCEAO.
Dans les villes ivoiriennes, l’intégration du mobile money aux systèmes informels de transport crée des passages concrets entre économie numérique et micro-économie traditionnelle : conducteurs, revendeurs et passagers adoptent des pratiques où l’échange électronique coexiste avec le cash. Au Bénin, de même, le déploiement d’agents et l’acceptation croissante auprès des petits commerçants renforcent l’accessibilité des services
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