Côte d’Ivoire : enquête ouverte après un remblayage illégal à Cocody M’Pouto

Des opérations de remblayage par enrochement ont été détectées à Cocody M’Pouto (Abidjan), entraînant l’ouverture d’une enquête administrative après des signalements massifs sur les réseaux sociaux. Une mission de contrôle dépêchée par le ministère délégué aux Affaires maritimes et la Brigade spéciale de lutte contre le remblayage a constaté la présence récente de matériaux sur la lagune et placé le site sous surveillance, tandis que des investigations sont en cours pour identifier les auteurs et déterminer les responsabilités.

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Côte d’Ivoire : enquête ouverte après un remblayage illégal à Cocody M’Pouto
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Les agents dépêchés sur place ont relevé que le chantier était vide au moment de leur passage et qu’aucune personne n’était présente pour justifier les opérations. Le communiqué ministériel précise qu’une instruction a été ouverte et que des relevés seront exploités pour remonter aux commanditaires et aux engins impliqués dans ce remblayage illégal.

Parallèlement, les services du ministère ont saisi deux camions dans la commune de Marcory, quartier Biétry, dans le cadre des mesures immédiates prises pour interrompre l’approvisionnement en matériaux destinés aux travaux illicites. Ces saisies confirment l’engagement opérationnel de la Brigade spéciale, créée pour surveiller et réprimer les actions portant atteinte au domaine lagunaire et au domaine public maritime.

Enquête, sanctions et impact environnemental

Le dossier de Cocody M’Pouto s’inscrit dans un contexte national de lutte contre le remblayage illégal des zones lagunaires. En février, une mission conduite par le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, et le ministre délégué Célestin Serey Doh avait documenté une érosion progressive des plans d’eau d’Abidjan, une dégradation des écosystèmes lagunaires, des risques accrus d’inondations et des perturbations pour la navigation.

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Les autorités rappellent que le remblayage en zone lagunaire est interdit en dehors des procédures légales de protection et d’aménagement du domaine public maritime et fluvio-lagunaire, et qu’il entraîne des sanctions administratives et judiciaires. Les mesures appliquées incluent la saisie de matériels, la démolition des travaux effectués et la remise en état des sites affectés, selon les procédures en vigueur.

La Brigade spéciale de lutte contre le remblayage, mise en place il y a moins d’un an, affiche des bilans d’interventions chiffrés : gel d’une vingtaine de zones remblayées et identification d’une dizaine de sites illégaux, pour un total de plus de 70 hectares de domaines lagunaires circonscrits. Ces chiffres figureront dans les éléments d’enquête transmis aux juridictions compétentes quand les responsabilités seront suffisamment documentées.

Du côté des riverains et d’acteurs de la société civile, des voix dénoncent une application jugée parfois trop laxiste des sanctions et demandent une mise en œuvre plus stricte des textes pour dissuader les auteurs d’opérations illicites. Des campagnes de sensibilisation destinées aux transporteurs de matériaux lourds sont annoncées par la tutelle pour rappeler les obligations réglementaires et limiter l’accès des engins aux sites sensibles

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