Comores : trois centrales solaires de 20 MW renforcent un réseau dépendant du diesel
Les Comores ont inauguré le 6 septembre trois centrales photovoltaïques d’une capacité totale d’environ 20 MW sur Grande Comore, Anjouan et Mohéli. Le projet, inauguré par le président Azali Assoumani, comprend également des batteries de stockage et de nouvelles lignes de distribution destinées à renforcer un système électrique encore fortement dépendant du diesel importé.

La plus grande installation, d’une capacité de 12,86 MW, se trouve sur Grande Comore. Les deux autres développent 4,05 MW à Anjouan et 3,1 MW à Mohéli. Des systèmes de stockage d’une capacité cumulée de 16 MWh, capables de délivrer 8 MW, ont été installés sur Grande Comore et Anjouan, avec environ 30 kilomètres de lignes électriques moyenne tension de 20 kV.
Les études techniques du projet évaluent la production annuelle des trois centrales à environ 33,75 GWh. Ce volume correspondrait aux besoins électriques d’environ 17 500 foyers et permettrait d’éviter près de 20 900 tonnes de dioxyde de carbone par an.
Le nouvel apport intervient dans un contexte de forte vulnérabilité énergétique. En 2024, le diesel importé représentait 91 % du mix énergétique comorien. La demande d’électricité avait atteint 254 GWh, contre une production effective de 150 GWh, tandis qu’environ 3 000 coupures de courant avaient été recensées sur l’année.
Près de 23 millions de dollars de financement
Le projet a été financé à hauteur d’environ 84,4 millions de dirhams des Émirats arabes unis, soit près de 23 millions de dollars, par le Fonds d’Abou Dhabi pour le développement. Les installations ont été réalisées par Masdar et leur gestion de projet assurée par Global South Utilities.
À production attendue constante, l’électricité solaire issue des trois sites représenterait environ 13,3 % de la demande nationale enregistrée en 2024 et 22,5 % de la production effectivement disponible cette année-là. Les batteries doivent permettre d’absorber une partie de la variabilité solaire et d’améliorer la stabilité du réseau sur les deux îles où elles sont installées.
Pour l’archipel, l’enjeu est aussi économique. La réduction de la consommation de combustible importé peut limiter l’exposition aux variations internationales du prix du pétrole et aux difficultés d’approvisionnement, tout en augmentant la part d’une production électrique réalisée localement.
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