CEMAC : 9,4 milliards de dollars levés sur le marché des titres publics en 2025
La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) a enregistré en 2025 un record historique de 9,4 milliards de dollars levés sur le marché des titres publics, soit environ 5 272,8 milliards FCFA, un montant inédit qui reflète à la fois l’appétit des investisseurs et les besoins de financement des États de la sous‑région.

La Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) a enregistré en 2025 un record historique de 9,4 milliards de dollars levés sur le marché des titres publics, soit environ 5 272,8 milliards FCFA, un montant inédit qui reflète à la fois l’appétit des investisseurs et les besoins de financement des États de la sous‑région.
Les principales émissions proviennent du Gabon, du Congo et du Cameroun. Le Gabon a placé l’équivalent de 2,5 milliards de dollars (près de 1 450 milliards FCFA), tandis que le Congo a mobilisé 2 milliards de dollars (environ 1 160 milliards FCFA). Le Cameroun figure également parmi les gros emprunteurs de l’année, contribuant de manière significative à ce total régional. Les ressources obtenues ont été destinées en priorité à la réduction des déficits budgétaires et au financement de projets d’infrastructures et de développement à long terme.
La forte demande observée sur le marché a été attribuée par les autorités et certains investisseurs à l’amélioration des cadres macroéconomiques et à des réformes structurelles engagées dans plusieurs États membres. En moyenne, chaque pays de la CEMAC a émis environ 1,8 milliard de dollars (soit 1 030 milliards FCFA) en 2025, niveau qui dépasse nettement les prévisions initiales formulées en début d’exercice.
Poids de la dette et alertes des institutions financières
Si la collecte de 9,4 milliards de dollars constitue un succès sur le plan opérationnel, elle s’inscrit dans un contexte de dette déjà élevé pour la zone. Le Fonds Monétaire International (FMI) estime que le ratio moyen de la dette publique par rapport au produit intérieur brut des pays de la CEMAC tourne autour de 53 % du PIB régional. Ce niveau, selon le FMI, expose la sous‑région à des risques de solvabilité accrus en cas de détérioration des conditions économiques mondiales ou de hausse des coûts de refinancement.
Les spécialistes interrogés soulignent que la montée des émissions publiques multiplie les enjeux de gestion de la dette. Une dépendance trop marquée aux emprunts externes augmente la vulnérabilité des États face aux chocs exogènes, notamment la volatilité des prix des matières premières, qui représentent une part importante des recettes d’exportation pour plusieurs pays de la zone.
Des responsables financiers et des économistes rappellent la nécessité d’une meilleure diversification des sources de revenus et d’une amélioration de l’efficacité des dépenses publiques afin d’accroître la soutenabilité des finances publiques. Les autorités monétaires et fiscales de la région ont également été invitées à renforcer la transparence des émissions et la programmation budgétaire pour réduire les risques liés à la dette.
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