Cameroun : Washington cible le sous-sol et les minéraux critiques
Les États-Unis intensifient leur présence dans l’exploitation des minerais critiques en Afrique en ouvrant de nouveaux canaux de coopération au Cameroun, avec l’objectif affiché de sécuriser et diversifier les chaînes d’approvisionnement de métaux tels que le cobalt, le nickel, le rutile et le scandium, a indiqué l’ambassade américaine à Yaoundé le 8 avril 2026.

Une réunion trilatérale réunissant des représentants des gouvernements des États-Unis, d’Australie et du Cameroun s’est tenue au ministère camerounais des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique. Selon le compte rendu publié par l’ambassade, les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération, l’exploration d’opportunités d’investissement et la promotion de pratiques d’exploitation minière responsable.
Au centre des discussions figurent plusieurs ressources classées comme stratégiques par les autorités camerounaises, parmi lesquelles le cobalt, le nickel, le rutile, le manganèse et le scandium. L’objectif déclaré par les participants est de favoriser la mise en place de chaînes d’approvisionnement jugées « sûres et diversifiées » pour répondre aux besoins des industries de défense et de la transition énergétique.
Données des gisements, indices recensés et contexte régional
Le site de Nkamouna-Lomié, dans la région de l’Est, a été cité comme l’un des gisements les plus significatifs du Cameroun. D’après les chiffres communiqués par le ministère en charge des Mines, le gisement est estimé à environ 100 millions de tonnes de minerai, avec des teneurs moyennes évaluées à 0,2 % de cobalt, 0,72 % de nickel et 3,71 % de manganèse.
Sur la base de ces estimations, le ministère a avancé des potentialités annuelles de production chiffrées : 4 160 tonnes de cobalt, 3 280 tonnes de nickel, 450 000 tonnes de manganèse et 4 000 tonnes de scandium pour le seul site de Nkamouna-Lomié. Ces données ont été présentées comme un indicateur du rôle potentiel du Cameroun dans les approvisionnements mondiaux en minerais critiques.
Outre Lomié, les autorités camerounaises déclarent avoir repéré 27 indices de nickel dans les formations ferrifères des régions du Sud et de l’Est, ainsi que cinq indices supplémentaires de cobalt, notamment dans les secteurs de Ngoïla et de Mbalam. Ces inventaires ont servi de base aux discussions entre les délégations américaine, australienne et camerounaise sur les modalités d’investissement et les standards de durabilité à promouvoir.
La démarche américaine s’inscrit également dans un cadre régional plus large : Washington a conclu en décembre un accord-cadre avec la République démocratique du Congo pour l’exploration de gisements de cobalt, de cuivre et de lithium. Le 20 janvier 2026, Reuters a rapporté que Kinshasa avait transmis à Washington une liste ciblée d’actifs stratégiques comprenant, selon deux responsables congolais, du manganèse, du cuivre-cobalt, de l’or et du lithium, accompagnée de la composition d’un comité de pilotage mixte chargé de la mise en œuvre du partenariat.
Selon l’ambassade des États-Unis à Yaoundé, les parties réunies ont convenu de poursuivre le dialogue en vue de promouvoir des partenariats mutuellement avantageux dans le secteur minier. Le ministère camerounais des Mines a chiffré le potentiel annuel de Nkamouna-Lomié à 4 160 tonnes de cobalt, 3 280 tonnes de nickel, 450 000 tonnes de manganèse et 4 000 tonnes de scandium
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