Cameroun : suppression des droits de douane sur l’importation des équipements destinés aux énergies renouvelables
Le gouvernement camerounais a annoncé, via une circulaire datée du 12 février 2026 signée par le ministre des Finances Louis Paul Motazé, une exonération totale des droits et taxes de douane pendant douze mois sur une liste d’équipements destinés à la production d’énergies renouvelables et à l’approvisionnement en eau potable, une mesure destinée à réduire le coût d’entrée pour les projets du secteur.

Le texte officiel recense une large gamme de matériels : panneaux photovoltaïques, batteries à cycle profond, onduleurs, câbles solaires, turbines hydroélectriques, pompes, unités de forage, ainsi que des systèmes de purification du biogaz et des instruments de contrôle et de régulation. Ces intrants ont été identifiés selon les codes du Système harmonisé afin de garantir la traçabilité et l’application précise de l’exonération. La mesure couvre aussi bien les composants nécessaires à la production d’électricité renouvelable que ceux destinés aux infrastructures hydrauliques.
Le ministère des Finances insiste sur l’obligation, pour les opérateurs bénéficiaires, de répercuter la réduction du coût d’importation sur les prix de vente finaux. Cette disposition vise à assurer que l’allègement fiscal produise un effet tangible sur l’accessibilité des technologies sur le marché local, dans un contexte où les coûts initiaux restent un frein majeur au développement des projets énergétiques et hydrauliques privés et communautaires.
Réformes réglementaires et enjeux d’attractivité
Parallèlement à cet instrument fiscal temporaire, l’exécutif engage des réformes structurelles. Le ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee) a annoncé la révision de la loi de 2011 sur l’électricité pour intégrer l’évolution du secteur : émergence de producteurs indépendants, diversification des sources d’énergie, et nouveaux modèles de gestion et d’achat d’électricité. Le Minee présente cette révision comme destinée à clarifier le cadre réglementaire et à mieux tenir compte des exigences des investisseurs internationaux.
Ces ajustements s’inscrivent dans le cadre du Compact énergétique national adopté en 2025, lequel prévoit un effort d’investissement estimé à 12,5 milliards de dollars, soit environ 7 750 milliards de francs CFA. Les documents officiels indiquent que près de 6,5 milliards de dollars devraient provenir du secteur privé, plaçant la question de l’attractivité et de la prévisibilité réglementaire au cœur des priorités gouvernementales pour mobiliser ces financements.
Sur le plan diplomatique et commercial, des signaux d’intérêt internationaux ont été relevés. Le 17 mars 2026, la haut-commissaire du Canada au Cameroun, Marie-Claude Harvey, a été reçue par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, pour évoquer les perspectives de coopération et d’investissement dans le secteur énergétique. Les échanges visaient à identifier des opportunités pour les entreprises canadiennes dans un environnement que Yaoundé cherche à rendre plus accessible et plus prévisible pour les investisseurs.
Parmi les acteurs étrangers cités comme susceptibles de se positionner figure Manitoba Hydro International
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