Burundi : Bujumbura secouée par une série d’explosions ayant fait plusieurs morts
Bujumbura, principale agglomération économique du Burundi, a été frappée par une série d’explosions qui ont secoué la ville mardi 31 mars 2026 en début de soirée. Le sinistre a pris naissance au dépôt principal des forces armées, implanté dans le quartier populaire de Musaga, à moins de quatre kilomètres du centre-ville, provoquant des destructions importantes et une forte panique parmi la population.

Selon des témoins présents sur place, la première détonation s’est fait entendre aux alentours de 18h20. Un journaliste sur le terrain décrit la scène comme une immobilité soudaine des habitants, rapidement remplacée par des rafales d’explosions et des détonations puissantes qui se sont succédé pendant plusieurs heures.
La stupeur s’est transformée en fuite : des automobilistes ont abandonné leurs véhicules, des passants ont couru se mettre à l’abri et de nombreux commerces ont fermé précipitamment leurs rideaux. Les habitants, marqués par des décennies de conflits interethniques, ont vécu ces événements avec un grand traumatisme ; des accidents de la circulation ont également été signalés dans la confusion.
Les premières indications indiquent que le feu serait parti dans l’abri souterrain où sont entreposés matériels lourds, munitions et autres ravitaillements de la base logistique connue sous le nom de Camp Base, lieu clé pour l’approvisionnement des forces armées burundaises.
Un accident électrique et appel au calme
Le porte-parole de l’armée, le général Gaspard Baratuza, a expliqué que l’incendie résulterait d’un grave incident électrique au niveau du magasin à munitions de Musaga, précisant que les forces étaient mobilisées pour sécuriser la zone. Le chef de l’État, Évariste Ndayishimiye, a également publié un message invitant la population à rester calme et assurant que des mesures étaient prises pour circonscrire la situation.
Les explosions ont projeté obus, missiles et autres munitions dans les airs, rendant tout accès au foyer principal du sinistre dangereux et impossible pendant plusieurs heures. En fin de matinée mercredi, les secours n’avaient pas encore pu s’approcher de certains points encore en flammes.
Aucun bilan officiel n’a été communiqué à ce stade. Des sources évoquent des dizaines de morts, notamment au sein du Camp Base et à la prison de Mpimba toute proche, ainsi que des dégâts matériels étendus dans plusieurs quartiers où des milliers d’habitations auraient été touchées. On parle aussi de centaines, voire de milliers, de blessés, mais ces chiffres restent à confirmer.
La couverture médiatique locale est restée limitée dans l’immédiat. Administrations et responsables hospitaliers se refusent pour l’instant à tout commentaire, invoquant l’attente d’une communication officielle des autorités.
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