Burkina : fin des débats dans le procès d’un détournement massif de fonds ministériels
Le procès très suivi autour d’un présumé détournement de près de trois milliards de francs CFA au sein du ministère de l’Action humanitaire est entré dans sa phase finale au Burkina Faso. Les débats écrits se sont achevés après plusieurs audiences consacrées au second volet de l’affaire, qui couvre la période 2016‑2024.

Le procès très suivi autour d’un présumé détournement de près de trois milliards de francs CFA au sein du ministère de l’Action humanitaire est entré dans sa phase finale au Burkina Faso. Les débats écrits se sont achevés après plusieurs audiences consacrées au second volet de l’affaire, qui couvre la période 2016‑2024.
Au total, douze personnes sont mises en cause dans ce dossier. Le ministère public a requis des peines de prison à l’encontre de plusieurs prévenus, dont cinq ans à l’encontre de l’ancienne ministre Laure Zongo et onze ans pour Yé Yaké Camille, ancien directeur en charge de la gestion financière du ministère.
Le parquet a en outre demandé la saisie des biens des concernés et l’imposition d’amendes substantielles, dont le montant demandé varie — selon l’accusation — de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de millions de francs CFA. Motif avancé par le ministère public : frapper le patrimoine des mis en cause pour aller au‑delà d’une sanction purement carcérale.
Les réquisitions détaillent plusieurs procédés supposés avoir servi à détourner l’argent public : l’organisation de prestations fictives, des achats de pagnes dont une partie des fonds aurait été détournée, ainsi que la surfacturation de prestations attribuées au Conseil national de secours d’urgence pour la prise en charge des déplacés internes. Pour l’ancienne ministre, le parquet l’accuse spécifiquement d’avoir soustrait du carburant et des sommes évaluées à 86 millions de francs CFA.
Les lignes de défense et la suite de la procédure
Face à ces accusations, la défense a plaidé pour une relaxe générale. Me Adama Kagoné a soutenu que le dossier ne comportait pas d’éléments matériels probants et a dénoncé, selon lui, un manque de cohérence et de rigueur juridique dans l’instruction.
Après environ dix jours d’audiences et de longues plaidoiries des deux côtés, le tribunal a décidé de renvoyer le délibéré au 27 mars 2026. D’ici là, la procédure reste ouverte et les débats clos n’ont pas encore donné lieu à une décision finale de justice.
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