Burkina Faso : résurgence des arrestations de journalistes

Le 13 octobre, deux responsables de la presse burkinabè — Ousséni Ilboudo, directeur de la rédaction de L’Observateur Paalga, et Michel Wendpouiré Nana, rédacteur en chef adjoint du journal Le Pays — ont été interpellés dans leurs locaux à Ouagadougou, déclenchant la réaction de Reporters Sans Frontières (RSF) qui dénonce une hausse préoccupante des arrestations de journalistes et réclame leur remise en liberté immédiate.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Burkina Faso : résurgence des arrestations de journalistes
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Le 13 octobre, deux responsables de la presse burkinabè — Ousséni Ilboudo, directeur de la rédaction de L’Observateur Paalga, et Michel Wendpouiré Nana, rédacteur en chef adjoint du journal Le Pays — ont été interpellés dans leurs locaux à Ouagadougou, déclenchant la réaction de Reporters Sans Frontières (RSF) qui dénonce une hausse préoccupante des arrestations de journalistes et réclame leur remise en liberté immédiate.

Selon les informations initiales, les arrestations ont eu lieu au matin du 13 octobre dans les rédactions des titres concernés, situées dans la capitale burkinabè. RSF a qualifié ces interpellations d’« alarmantes » et a étendu son appel à la libération à l’ensemble des journalistes détenus de manière « arbitraire », sans préciser dans son communiqué toutes les procédures judiciaires éventuellement engagées à ce stade.

Un premier bilan rendu public dans les jours suivants précise que la situation a évolué: d’après les éléments recueillis par RSF et relayés par les médias concernés, Michel Wendpouiré Nana serait rentré chez lui dans la nuit du 14 octobre, tandis qu’Ousséni Ilboudo et Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana — directeur de la rédaction d’Aujourd’hui au Faso — ont été annoncés comme libérés le 15 octobre par leurs rédactions respectives.

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Chronologie des arrestations et révélations liées à une interview

Les autorités et les services de renseignement sont évoqués dans le récit des faits: Dieudonné Zoungrana aurait été appréhendé la veille de sa remise en liberté, à son domicile, par quatre personnes présentées comme des membres de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). Les sources citées indiquent que Zoungrana faisait partie d’un groupe de journalistes chargé d’interviewer le chef de l’État Ibrahim Traoré pour une émission diffusée par la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (RTB) le 28 septembre.

Avant la diffusion publique de cet entretien, la transcription de la rencontre avait été publiée sur les réseaux sociaux par un militant burkinabè, précision relevée dans le compte rendu des faits transmis à RSF. Cette diffusion anticipée a été mentionnée comme élément de contexte par certains acteurs de la presse concernés par les arrestations, sans que le lien entre la fuite du document et les interpellations ne soit formellement établi publiquement.

Reporters Sans Frontières s’est dite « soulagée » par les libérations annoncées et a renouvelé son exigence de remise en liberté pour tous les journalistes encore placés en détention ou entendus par les autorités. Le communiqué de RSF cite explicitement le nom de Serge Oulon parmi les personnes pour lesquelles l’organisation demande des mesures de libération.

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Les rédactions impliquées ont publié des communiqués internes confirmant les retours à domicile et les relâchements, tandis que les enquêtes sur la divulgation de la transcription et les circonstances précises des interpellations restaient, au moment des annonces, en cours selon les éléments disponibles.

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