Burkina Faso promet des opérations de l’AES contre les groupes armés au Sahel

Les dirigeants militaires du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont annoncé, lors d’un sommet régional, le déploiement imminent d’opérations conjointes à grande échelle et la mise en place d’un bataillon unifié destiné à lutter contre des groupes liés à al‑Qaïda et à l’État islamique, tandis que les trois pays multiplient les initiatives pour affirmer une souveraineté régionale distincte de leurs anciens partenaires sécuritaires.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
Le
Actus
99vues
Burkina Faso promet des opérations de l’AES contre les groupes armés au Sahel
Publicité
2 min de lecture
Google News

Les dirigeants militaires du Burkina Faso, du Niger et du Mali ont annoncé, lors d’un sommet régional, le déploiement imminent d’opérations conjointes à grande échelle et la mise en place d’un bataillon unifié destiné à lutter contre des groupes liés à al‑Qaïda et à l’État islamique, tandis que les trois pays multiplient les initiatives pour affirmer une souveraineté régionale distincte de leurs anciens partenaires sécuritaires.

Le président de la transition burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré, fraîchement investi à la tête de l’Alliance des États du Sahel (AES), a déclaré que des actions militaires « à grande échelle » seraient menées dans les jours à venir, sans fournir de précisions opérationnelles. Cette annonce intervient au terme d’un sommet qui s’est clos mardi, quelques jours après le lancement d’un bataillon militaire conjoint destiné à renforcer la coopération opérationnelle entre les armées des trois États.

Les trois pays, tous frappés par des coups d’État ces dernières années et ayant quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en 2024, ont affiché la volonté de consolider des liens sécuritaires et économiques plus étroits. Le sommet a confirmé la création d’une force unifiée déclarée forte de 5 000 hommes — la FU‑AES — et a mis en avant des choix diplomatiques et sécuritaires récemment opérés par ces gouvernements.

Publicité

Renforcement institutionnel, communication et discours souverainiste

La réunion a été marquée par des prises de position nettes contre la présence de partenaires occidentaux : les autorités des trois pays affirment avoir chassé ou réduit l’influence de forces et conseillers français et américains au profit de nouveaux alignements extérieurs, Moscou étant cité comme interlocuteur privilégié par certaines des junte. À l’ouverture du sommet, le général Omar Tchiani, chef de la junte nigérienne, a déclaré que l’AES avait « mis fin à toutes les forces d’occupation » sur leurs territoires.

Le président malien, le général Assimi Goïta, a fait état de résultats opérationnels positifs, affirmant la destruction de « plusieurs bases terroristes ». Il a par ailleurs insisté sur le potentiel économique de la région, rejetant l’image d’une Sahelie structurellement pauvre et soulignant des atouts miniers et agricoles.

Sur le plan de la communication stratégique, les dirigeants ont lancé une chaîne commune, AES Television, présentée comme un outil pour lutter contre ce qu’ils qualifient de campagnes de désinformation et de narratifs hostiles. Le dispositif médiatique s’inscrit dans une logique de maîtrise des récits publics et de diffusion d’informations contrôlées au bénéfice des États membres.

Publicité

Le sommet a aussi été l’occasion pour le capitaine Traoré d’alerter sur ce qu’il a qualifié d’« hiver noir », une expression utilisée pour décrire, selon lui, une conjonction de menaces externes, de violences et de pressions économiques visant à fragiliser la souveraineté sahelienne. Des observateurs internationaux, dont Ulf Laessing de la Konrad‑Adenauer‑Stiftung, notent que l’alliance bénéficie d’un certain soutien populaire dans les trois pays et tente d’élargir son champ d’action au‑delà des opérations transfrontalières.

Le sommet a par ailleurs procédé au lancement d’AES Television.

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité