Burkina Faso arrête des employés d’ONG européennes pour « espionnage »

Huit membres du personnel d’une organisation humanitaire internationale ont été arrêtés au Burkina Faso, accusés d’« espionnage » et de « trahison » par le gouvernement militaire, a indiqué le ministère de la Sécurité dans des communications rendues publiques le 8 octobre 2025; l’ONG néerlandaise INSO nie catégoriquement ces accusations et réclame la libération immédiate de ses collaborateurs.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Burkina Faso arrête des employés d’ONG européennes pour « espionnage »
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Huit membres du personnel d’une organisation humanitaire internationale ont été arrêtés au Burkina Faso, accusés d’« espionnage » et de « trahison » par le gouvernement militaire, a indiqué le ministère de la Sécurité dans des communications rendues publiques le 8 octobre 2025; l’ONG néerlandaise INSO nie catégoriquement ces accusations et réclame la libération immédiate de ses collaborateurs.

Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a précisé que les personnes interpellées travaillaient pour l’International NGO Safety Organisation (INSO), une structure basée à La Haye spécialisée dans la sécurité des opérateurs humanitaires. Selon le ministre, la détention concerne un ressortissant français, une femme de double nationalité franco-sénégalaise, un ressortissant tchèque, un Malien et quatre Burkinabè.

Les autorités burkinabè affirment que ces agents continuaient leurs activités après l’imposition, à la fin juillet, d’une suspension de trois mois visant INSO pour « collecte de données sensibles sans autorisation ». Le ministre a allégué que certains employés, dont le directeur pays de l’ONG déjà arrêté au moment de la suspension, auraient mené des réunions physiques et en ligne et transmis des renseignements susceptibles, selon lui, de nuire à la sécurité nationale en les communiquant à des puissances étrangères.

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Enjeux humanitaires, juridiques et géopolitiques

Dans un communiqué publié après les annonces officielles, INSO a « catégoriquement » rejeté les imputations et a rappelé que sa mission est de produire des informations destinées exclusivement à protéger le personnel humanitaire. L’organisation a insisté sur le fait que les données qu’elle collecte « ne sont pas confidentielles » et relèvent souvent d’informations déjà accessibles au public, tout en affirmant son engagement à obtenir la mise en liberté de ses collaborateurs.

Les autorités militaires burkinabè ont invoqué la préservation des intérêts nationaux pour justifier les mesures prises contre INSO, dans un contexte de tensions accrues entre les gouvernements de la région et les acteurs occidentaux. Depuis le coup d’État de septembre 2022, le pouvoir burkinabè a durablement réduit sa coopération avec plusieurs partenaires étrangers et a renforcé des liens diplomatiques et sécuritaires alternatifs avec des acteurs extérieurs, notamment la Russie.

Le Burkina Faso fait partie, avec le Mali et le Niger, d’un nouvel ensemble régional baptisé Alliance of Sahel States, formation sortie de différends avec des institutions régionales et internationales et d’une migration de coopérations militaires. Ces trois pays ont, au cours des derniers mois, annoncé des retraits ou des ruptures de coopérations traditionnelles et opéré des choix économiques et sécuritaires susceptibles de modifier les équilibres locaux.

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Sur le plan sécuritaire intérieur, les forces armées burkinabè affrontent depuis plusieurs années des groupes armés liés à al-Qaïda et d’autres mouvements jihadistes, qui contrôlent des portions de territoire et multiplient les attaques contre les postes militaires et les civils. Des organisations de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, ont documenté et dénoncé des allégations d’exactions impliquant des groupes armés, les forces gouvernementales et leurs partenaires militaires

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