Au Bénin, les impôts progressent mais les recettes douanières reculent

Au Bénin, les recettes fiscales intérieures ont progressé de 13 % au premier semestre 2026, tandis que les recettes douanières ont reculé de 7,2 %. Cette évolution contrastée intervient alors que le déficit budgétaire s’est creusé à 345,6 milliards de FCFA, contre 244,1 milliards un an plus tôt.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Au Bénin, les impôts progressent mais les recettes douanières reculent
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La Direction générale des Impôts a mobilisé 724,3 milliards de FCFA à fin juin, soit 83,2 milliards de plus qu’à la même période en 2025. Dans le même temps, les recettes de la Direction générale des Douanes sont tombées à 378,4 milliards de FCFA, en baisse de 29,5 milliards sur un an.

La progression de la fiscalité intérieure a ainsi permis de compenser une large part du recul douanier, sans empêcher la détérioration du solde budgétaire. Le déficit a augmenté de 41,6 % en un an et représente déjà près de 71 % des 487 milliards de FCFA retenus comme cible pour l’ensemble de l’exercice.

Cette dégradation intervient toutefois dans un budget profondément remanié en juin. La loi de finances rectificative adoptée le 19 juin a porté les ressources et les charges de l’État de 3 783,984 à 4 148,357 milliards de FCFA, soit 364,4 milliards supplémentaires, tandis que le déficit annuel autorisé est passé de 419,157 à 487 milliards de FCFA.

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La fiscalité intérieure porte la hausse des recettes

La performance de la DGI constitue le principal soutien aux recettes du premier semestre. Avec 724,3 milliards de FCFA encaissés, l’administration fiscale améliore ses recettes de 13 % et renforce le poids de la fiscalité intérieure dans le financement du budget.

Cette progression intervient alors que les autres régies évoluent moins favorablement. Le Trésor a mobilisé 77,3 milliards de FCFA de recettes non fiscales, soit 4,7 % de moins qu’un an auparavant. Malgré ces deux reculs, l’ensemble des trois régies financières atteint 1 180 milliards de FCFA, en hausse de 4,4 %, grâce à la seule dynamique des impôts.

La Douane reste en revanche sous pression. Ses recettes sont passées de 407,8 à 378,4 milliards de FCFA, dans un environnement marqué par la fermeture persistante de la frontière avec le Niger, la faiblesse du naira face au franc CFA, la hausse du dollar et les contraintes sécuritaires dans le nord du pays.

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Ce recul pèse d’autant plus que les recettes de porte constituent une composante importante des ressources ordinaires de l’État. La progression des impôts intérieurs améliore donc la collecte globale, mais elle ne suffit pas à effacer les fragilités observées aux frontières ni à couvrir l’ensemble des besoins de financement ouverts par l’augmentation des dépenses.

Un déficit budgétaire qui se creuse malgré la hausse des recettes

À fin juin, les recettes budgétaires proprement dites s’élèvent à 1 220,8 milliards de FCFA, soit 44,6 % de la prévision annuelle révisée de 2 736,1 milliards. Dans le même temps, les engagements de dépenses atteignent 2 125,4 milliards de FCFA, en hausse de 8,8 % par rapport au premier semestre 2025.

Le taux d’exécution des engagements ressort pourtant à 51,2 %, contre 55 % un an plus tôt. Cette baisse ne traduit pas un ralentissement de la dépense, mais l’effet mécanique d’un budget plus large. Les dépenses augmentent en valeur, tandis que leur poids relatif diminue légèrement dans une enveloppe budgétaire relevée de 364,4 milliards de FCFA en juin.

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Le même phénomène apparaît du côté des ressources de financement. Le rapport d’exécution fait état de 2 329,6 milliards de FCFA de recettes budgétaires et de ressources de financement, contre 2 006,4 milliards un an auparavant. Leur taux de réalisation reste néanmoins presque stable, à 56,2 % contre 56,5 %, parce que la base annuelle a elle aussi fortement augmenté.

La structure des dépenses reste par ailleurs inégale. Les programmes budgétaires affichent 1 031 milliards de FCFA d’engagements, soit un taux d’exécution de 45,7 %, tandis que les dotations budgétaires atteignent 535,4 milliards, correspondant à 66,2 % de leur enveloppe annuelle. Une partie des crédits supplémentaires ouverts par la loi rectificative doit encore être engagée au second semestre.

Cette trajectoire intervient quelques mois après la fin des programmes soutenus par le FMI. En février, l’institution avait salué les progrès accomplis dans l’assainissement des finances publiques et rappelé que le budget 2026 devait maintenir le déficit autour de la norme communautaire de 3 % du PIB. Elle avait également révisé la dette de l’administration centrale à 60,5 % du PIB à fin 2024, tout en maintenant le Bénin dans la catégorie de risque modéré de surendettement.

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À fin juin, 1 515,3 milliards de FCFA de recettes budgétaires restaient à mobiliser pour atteindre la prévision annuelle révisée de 2 736,1 milliards de FCFA.

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