Bénin : le colonel André Dokoui Fofo réaffirme la maîtrise de l’armée face au terrorisme
À l’issue d’une rencontre tripartite entre le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France, le colonel André Dokoui Fofo, chef de l’opération Mirador, a dressé un bilan précis de la situation sécuritaire au Bénin, assurant que l’armée contrôle la menace terroriste malgré des incidents récents ayant coûté la vie à des militaires. Les déclarations, tenues lors d’échanges publics relayés par les médias locaux, insistent sur une posture de vigilance quotidienne et sur la nécessité d’une coopération régionale renforcée.

Selon le colonel Fofo, les forces béninoises conservent l’initiative sur les groupes armés présents dans certaines zones frontalières. Il a qualifié la situation actuelle de « relativement calme », tout en reconnaissant que l’adversaire évolue et multiplie les moyens de surprise. L’état-major met ainsi l’accent sur l’adaptation permanente des techniques et des dispositifs de surveillance pour prévenir de nouvelles attaques.
Le chef de l’opération Mirador a confirmé que des unités de l’armée ont été récemment la cible d’embuscades et d’engins explosifs, entraînant des pertes parmi les militaires. Sans chiffrer ces pertes dans les prises de parole publiques, il a toutefois indiqué que ces incidents n’ont pas remis en cause la capacité opérationnelle des forces déployées et que des réactions ont été engagées pour contrer les groupes responsables.
Opérations, tactiques adverses et coopération transfrontalière
Le colonel a décrit les tactiques employées par les groupes armés, évoquant une mobilité importante, des procédés de diversion et, parfois, l’utilisation de civils comme rempart. Ces éléments compliquent la conduite des opérations et obligent les unités à conjuguer actions de combat, renseignement humain et protection des populations. L’armée béninoise indique travailler à réduire sa vulnérabilité aux engins explosifs improvisés et à améliorer ses procédures d’alerte et de riposte.
Intervenant dans le cadre du dialogue tripartite, le chef de Mirador a souligné les différences de nature et d’intensité de la menace entre le Bénin et la Côte d’Ivoire. Il a rappelé que la Côte d’Ivoire n’a pas enregistré d’attaque significative depuis octobre 2021, tandis que le Bénin a subi des abordages directs de positions et des incidents liés à des pièges explosifs visant ses forces de défense et de sécurité.
L’argument central développé par le colonel est la dimension transnationale de la menace. Il a insisté sur l’importance d’harmoniser les actions au niveau régional et d’établir des mécanismes de partage d’informations et de coordination opérationnelle entre pays voisins et partenaires internationaux. L’opération Mirador, créée pour adapter les moyens militaires béninois à ce type de menace, sert de cadre pour des exercices et des formations destinés à améliorer la réactivité des unités sur le terrain.
Parmi les axes évoqués figurent le renforcement des capacités en matière de renseignement, la mise en place de dispositifs de surveillance aux points névralgiques et la coopération judiciaire pour lutter contre les flux transfrontaliers de matériel et de combattants. Le colonel a réaffirmé la volonté des forces béninoises d’agir de concert avec leurs homologues pour prévenir les actes terroristes et pour sécuriser les zones sensibles
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