Au Ghana, les ONG relancent la bataille pour une loi contre les accusations de sorcellerie

Six ans après le lynchage d’Akuah Dente, une femme de 90 ans tuée après avoir été accusée de sorcellerie, la société civile ghanéenne demande toujours l’adoption d’un texte pénalisant les fausses accusations. À l’occasion de la Journée mondiale contre les chasses aux sorcières, le président du Sanneth Institute, John Azumah, doit plaider cette cause auprès de la ministre du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale.

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Le projet de loi avait été approuvé par le Parlement sous le précédent gouvernement, mais l’ancien président avait refusé de le promulguer. Avec l’arrivée au pouvoir de John Dramani Mahama, qui avait promis de signer le texte, la procédure doit toutefois reprendre, le Parlement ayant été renouvelé depuis.

Selon John Azumah, l’exécutif souhaite désormais que la mesure soit présentée comme une initiative gouvernementale plutôt que comme une proposition parlementaire. Cette orientation implique de déterminer quelle institution portera le texte et selon quel calendrier il sera soumis à nouveau aux députés.

« Le projet de loi doit à nouveau être examiné par le Parlement avant que le président puisse le signer », explique le responsable du Sanneth Institute. Il entend demander à la ministre chargée du dossier de préciser les responsabilités au sein du gouvernement et les modalités de participation de la société civile.

Des femmes toujours marginalisées dans des « camps de sorcières »

Amnesty International affirme que le Ghana est le seul pays au monde où subsistent des « camps de sorcières ». Ces villages accueillent des femmes accusées de sorcellerie, souvent après des violences ou des menaces dans leur communauté. Leur présence dans ces sites humanitaires ne résulte pas d’une décision judiciaire établissant leur culpabilité.

Pour les organisations de défense des droits humains, l’adoption d’une loi permettrait de renforcer la prévention, de sanctionner les accusations infondées et de mieux protéger les victimes. Elle ne suffirait toutefois pas, à elle seule, à mettre fin aux croyances et aux pratiques communautaires à l’origine de ces violences.

Le cas d’Akuah Dente reste l’un des exemples les plus marquants de cette situation. En 2020, cette octogénaire avait été battue à mort après avoir été désignée comme sorcière. Son lynchage avait ravivé le débat national sur la protection des personnes accusées et sur la responsabilité de ceux qui propagent de telles accusations.

John Azumah estime que la future loi constituerait un instrument d’éducation, de sensibilisation et de dissuasion, tout en facilitant l’accès à la justice pour les victimes. Dans l’attente de l’examen du texte, son organisation poursuit ses actions de sensibilisation auprès des populations et des autorités.

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