Afrique du Sud : Washington perd patience avec Ramaphosa et mise sur Mbeki

Les tensions entre Pretoria et Washington franchissent un nouveau cap. L’ambassadeur américain en Afrique du Sud, Leo Brent Bozell III, affirme que les États-Unis ont perdu patience avec Cyril Ramaphosa et présente l’ancien président Thabo Mbeki comme l’homme le mieux placé pour sortir les deux pays de l’impasse diplomatique.

André Kouagou Assane
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Afrique du Sud : Washington perd patience avec Ramaphosa et mise sur Mbeki
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Dans un entretien accordé lundi 21 septembre à Business Day, le diplomate a estimé que Mbeki dispose de la stature et de l’expérience nécessaires pour rétablir un dialogue de haut niveau avec Washington. Il juge l’ancien chef de l’État sud-africain capable de faire avancer des discussions que les deux capitales n’ont pas réussi à débloquer.

Cette sortie intervient alors que les relations bilatérales se sont encore tendues avec les nouvelles restrictions américaines de visas visant certains ressortissants sud-africains. Washington les justifie par des accusations liées aux politiques raciales, aux questions d’expropriation foncière et à certains discours jugés hostiles aux minorités. Pretoria rejette l’idée d’une discrimination systémique contre les Blancs et défend ses politiques de réparation des inégalités héritées de l’apartheid.

Bozell a également affirmé que la récente lettre adressée par Ramaphosa à Donald Trump n’avait pas répondu aux attentes américaines. Selon lui, après plus d’un an de discussions, Washington veut désormais des réponses concrètes. Le conseiller présidentiel sud-africain Alistair Ruiters a contesté cette lecture, accusant les États-Unis de déplacer régulièrement leurs exigences et assurant que Pretoria avait déjà fait plusieurs concessions, notamment sur certains volets des règles d’autonomisation économique.

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Interrogé séparément par la SABC, l’ambassadeur américain a rappelé avoir rencontré Thabo Mbeki il y a environ cinq mois et a qualifié cet échange de constructif. De son côté, Cyril Ramaphosa a déclaré que son gouvernement restait disposé à dialoguer avec les États-Unis tout en préservant la souveraineté sud-africaine.

La crise diplomatique s’inscrit dans une période de fortes tensions entre les deux pays. Pretoria a nommé Roelf Meyer pour conduire le rétablissement du dialogue à Washington, tandis que l’ancien ambassadeur sud-africain Ebrahim Rasool avait été expulsé des États-Unis en mars 2025 après avoir été déclaré persona non grata.

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