Afrique du Sud : le bénéfice net d’Eskom plus que double, à 30,3 milliards de rands
Le groupe public sud-africain Eskom a annoncé, le 31 août 2026, un bénéfice net de 30,3 milliards de rands pour l’exercice clos le 31 mars 2026, contre 14 milliards de rands un an plus tôt selon des chiffres retraités. Ce résultat, plus que doublé en un an, confirme un deuxième exercice consécutif bénéficiaire pour le principal fournisseur d’électricité du pays, longtemps miné par une crise financière et des coupures de courant à répétition.

Le chiffre d’affaires a progressé de 4,1 % sur la période, à 354,7 milliards de rands, tandis que l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) a bondi de 10,9 %, à 108,6 milliards de rands, selon les résultats publiés par l’entreprise. Ces gains ont été enregistrés alors que les ventes d’électricité ont reculé de 6,2 %, à 178 térawattheures, contre 189,7 térawattheures l’année précédente.
La hausse tarifaire de 12,74 % en moyenne accordée par le régulateur national de l’énergie (Nersa) a largement porté ces résultats, de même que les économies réalisées dans le cadre du programme interne de redressement CORE, à hauteur de 22,4 milliards de rands, et la réduction de 10,6 milliards de rands des coûts de carburant liés aux centrales au gaz d’appoint (OCGT). Le taux de disponibilité énergétique des centrales est passé de 60,6 % à 65,16 %, un niveau qui reste toutefois en deçà de l’objectif de 70 % fixé par l’entreprise.
Les coupures de courant, qui ont pesé pendant plus d’une décennie sur l’économie sud-africaine, sont restées limitées à quatre jours, soit 26 heures cumulées, sur l’ensemble de l’exercice. Eskom a par ailleurs réduit son endettement total, de 356 milliards de rands fin mars à environ 320 milliards de rands fin juin, et disposait de 124,9 milliards de rands de trésorerie à la clôture de l’exercice. Sa perte accumulée est ramenée à 12,1 milliards de rands, contre 40,9 milliards de rands un an plus tôt.
Une dette municipale toujours plus lourde
Le redressement financier d’Eskom reste toutefois fragile face à la dégradation des impayés municipaux, en hausse de 17,9 % à 111,6 milliards de rands. Sans intervention, cette dette pourrait grimper à 358 milliards de rands d’ici 2031, selon l’entreprise. La demande industrielle a par ailleurs chuté de 22,5 %, soit 9,7 térawattheures de moins, un recul que la direction attribue en partie au développement de l’autoproduction solaire par les grandes entreprises.
« Le profit n’est pas l’opposé de la mission de service public. Il est ce qui la rend possible », a déclaré le président du conseil d’administration d’Eskom, Mteto Nyati, cité dans le communiqué de résultats. Le directeur général du groupe, Dan Marokane, a pour sa part estimé qu’Eskom était « passé de la phase de redressement à celle de la transformation », l’entreprise se concentrant désormais sur « la construction d’une entreprise financièrement durable, compétitive et tournée vers l’avenir ».
Un vaste plan d’investissement
Eskom prévoit d’investir 343 milliards de rands sur cinq ans pour moderniser son parc de production et son réseau de transport d’électricité. Les dépenses d’investissement annuelles, fixées à 45 milliards de rands pour l’exercice 2026, doivent dépasser 70 milliards de rands par an à partir de l’exercice 2029, selon les projections de l’entreprise.




Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.