Affaire Mouhamed Diop Taya au Sénégal : les choses se corsent pour six policiers mis en cause

Dakar — Six policiers du commissariat de Pikine ont comparu hier en appel devant la Cour d’appel du tribunal correctionnel de Dakar, poursuivis pour la mort de Mouhamed Diop Taya, décédé après une interpellation dans la nuit du 22 au 23 mars 2024, selon les faits reprochés.

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Société
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Affaire Mouhamed Diop Taya au Sénégal : les choses se corsent pour six policiers mis en cause
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La procédure en appel fait suite à un jugement rendu en février 2025 par le tribunal correctionnel de Pikine/Guédiawaye, qui avait condamné les six agents à trois ans d’emprisonnement ferme pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le Procureur général a demandé la confirmation de ce verdict et réclamé le versement solidaire de 50 millions de F CFA au profit de la famille de la victime.

Me Ibrahima Mbengue, avocat de la partie civile, a jugé cette somme insuffisante et a sollicité une indemnisation de 500 millions de F CFA, estimant le préjudice très important. Les policiers poursuivis sont Henri Sagna, Calabanta Gomis, Ibrahima Gaye, Aboubacry Ba, Soulèye TO Diallo et Sellé Guèye.

Les faits reprochés remontent à la nuit de l’interpellation : Mouhamed Diop Taya, accompagné de son ami Mamadou Diagne, aurait résisté à son arrestation, ce qui aurait dégénéré en altercation. Selon des témoignages, les deux hommes auraient ensuite été conduits au Technopôle de Pikine où Taya aurait été frappé à coups de gourdin et torturé avant de succomber à ses blessures.

Déclarations des parties et éléments de l’enquête

Devant la Cour d’appel, les six prévenus ont nié les accusations. Henri Sagna, présenté comme le coordinateur de l’opération, a assuré n’être intervenu qu’en tant que renfort et a nié tout acte de maltraitance; il a soutenu que les blessures de la victime résultaient d’un incident survenu pendant la bagarre et que le fort bruit entendu dans la fourgonnette avait été interprété à tort comme une agression volontaire.

Des éléments techniques de l’enquête, notamment des données de géolocalisation, ont toutefois contredit cette version en établissant que les policiers s’étaient rendus au Technopôle après l’interpellation. Me Ibrahima Mbengue a dénoncé des faits qualifiés de criminels et demandé la reconnaissance de la responsabilité civile de l’État, au motif que les agents intervenaient en mission officielle.

La défense, assurée par Me Youssou Guèye, Me Oumar Kassé et Me El Hadji Malick Basse, a plaidé la relaxe en soutenant que les policiers avaient agi dans le cadre de leur mission et en réponse à des résistances, tout en respectant la loi. La Cour d’appel a fixé le délibéré au 20 mai 2026.

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