News et Infos du Bénin, d'Afrique et dans Monde

2nd quinquennat de Patrice Talon – PAG 2021/2026: de grandes ambitions pour de grands sacrifices

---Publicité---

Le développement a un coût et rien de grand ne se fait sans grand sacrifice. C’est la philosophie que véhicule le programme d’action du gouvernement pour la période 2021-2026 et dont la présentation des grandes orientations a été faite ce jeudi 6 janvier 2022 au palais des congrès de Cotonou. Au regard des projets contenus dans ce PAG et qui contrastent si bien avec les capacités actuelles de mobilisation de ressources extérieures, les populations béninoises doivent s’armer de courage pour faire face aux ambitions de leurs dirigeants.

A la faveur du conseil des ministres du 15 Décembre 2021, le gouvernement du président Patrice Talon a approuvé le PAG 2021-2026 doté d’un portefeuille projets estimé à 12 011 milliards de F CFA, soit une hausse de 33% par rapport à l’enveloppe initiale du PAG 2016-2021 estimée à 9 039 milliards de FCFA (mais dont le cumul des projets engagés a atteint les 10 126 milliards de F CFA).

A lire aussi: Bénin: liste des routes à bitumer et à réhabiliter sur la période 2021-2026

Le catalogue des projets du PAG 2021-2026 selon la présentation faite ce jeudi au palais des congrès de Cotonou, comporte 342 projets pour un montant cumulé de 12 011 milliards F CFA, dont :189 projets en cours (PAG1) pour 7 658 milliards F CFA et 153 nouveaux projets pour 4 353 milliards F CFA avec un financement de 3 431 milliards F CFA déjà disponible et un montant à rechercher évaluer à 8 580 milliards F CFA (4 897 milliards F CFA pour projets en cours, et 3 683 milliards F CFA pour nouveaux projets).

C’est dire que le gouvernement du président Patrice Talon a des efforts conséquents à faire pour la mobilisation des ressources. Mais vu le double contexte lié à la pandémie de la Covid19 avec son impact économique à travers le monde et à la rareté des ressources extérieures, l’essentiel des efforts sera concentré sur la mobilisation des ressources internes. Une situation qui ne sera pas sans peser sur les béninois qui se plaignent depuis peu sur la multiplication des taxes qui pleuvent sur eux.

Les ambitions pour le prochain quinquennat

Au cours des 5 prochaines années, le président Patrice Talon va poursuivre ses réformes structurelles, notamment l’accélération de la modernisation de l’administration publique, l’amélioration de la gouvernance locale et l’intercommunalité, la poursuite et le renforcement de la protection des personnes et des biens…En dehors de ces réformes structurelles, de lourds investissements seront réalisés en matière d’infrastructures à savoir: Intensifier la construction des infrastructures modernes de transport et de logistique, réaliser l’autonomie énergétique, accroître les investissements dans les infrastructures et services numériques, consolider les performances du secteur agricole, promouvoir le patrimoine culturel national, l’art et l’artisanat, stimuler l’industrialisation…

Pour atteindre ces différents objectifs, les béninois dans leur grande majorité seront fortement sollicités à travers diverses contributions fiscales. Une pression fiscale de plus en plus contraignante qui pousse certains à affirmer que le citoyen béninois est juste devenu un contributeur pour les ambitions du régime en place.

Mais dans la réalité, pour accroître leur capacité de mobilisation de ressources extérieures; les pays à faible ressources comme le Bénin sont obligés d’élargir leur assiette fiscale n’ayant pas des ressources minières pour accompagner les ambitions de développement. Selon le ministre Romuald Wadagni, en matière d’endettement, le premier point c’est de faire des efforts nécessaires pour accroître ses capacités de mobilisation de recettes internes.

« Et les réformes pour moderniser les régies, limiter la corruption, les déperditions sur la chaîne de collecte des recettes publiques, faire tous les efforts pour réduire le poids de l’informel et élargir la base fiscale. Çà, nos pays sont engagés dans ces différentes réformes et c’est plus nous encaissons, plus nous engrangeons de ressources propres, plus la capacité d’avoir accès au financement extérieur est grande ». a-t-il confié sur RFI suite au Sommet sur le financement des économies africaines.

Romuald Wadagni

Le Bénin a donc un grand effort de mobilisation de ressources propres à faire pour soutenir son ambition de développement. Cela exigera des sacrifices énormes aux populations. Des sacrifices qui n’ont rien à voir avec le discours de « hautement social » tenu ici et là à moins que le régime de Patrice Talon décide de conformer ses ambitions au niveau de vie de sa population.

Nécessité de répartir les sacrifices…

L’un des plus grands échecs du premier quinquennat du président Patrice Talon est l’écart abyssal entre les salaires politiques qui selon les indiscrétions ont été multipliés pratiquement par dix malgré tous les autres avantages liés à la fonction. Tout se passe comme si les sacrifices des populations ne profitent qu’aux politiciens.

Dans la dynamique actuelle de mobilisation de ressources pour le financement du programme d’action du gouvernement pour le compte de la période 2021-2026, il urge de faire en sorte que les sacrifices soient autant supportés par les gouvernants que par la grande masse des populations. Pour ce faire, il faut s’abstenir des exonérations de certains produits qui ne profitent qu’à une minorité de privilégiés comme c’est le cas récemment avec certains types de véhicules de luxe alors que les produits de première nécessité qui profitent au plus grand nombre ne font qu’augmenter de prix.

Le peuple béninois est certes déterminé à accompagner les grands chantiers de développement pourvu que les ambitions soient à la hauteur de sa capacité. Autant la modernisation de nos villes est importante, autant l’équilibre humain l’est également et les gouvernants doivent en tenir compte.

---Publicité---

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.