Trafic : vol des pièces de monnaie en Afrique pour en faire des bijoux en Chine
En Afrique centrale, la pénurie de pièces de monnaie est devenue un problème majeur, perturbant les échanges commerciaux et la vie quotidienne des citoyens. Au cœur de cette crise se trouve un vaste réseau de trafic international qui détourne les pièces pour les transformer en bijoux en Chine. Face à ce défi, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) a récemment annoncé une stratégie visant à contrer ce phénomène.
Vol des pièces de monnaie en Afrique pour en faire des bijoux en Chine
Depuis plusieurs années, un réseau structuré opère discrètement dans la région de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), regroupant des pays tels que le Cameroun, le Gabon, le Tchad, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine et le Congo. Ce réseau collecte massivement les pièces de monnaie locales, avant de les exporter clandestinement vers la Chine où elles sont fondues pour être transformées en bijoux.
L’attractivité de ce commerce illégal repose sur la valeur intrinsèque du métal contenu dans les pièces, souvent plus élevée que leur valeur faciale. Le trafic est si lucratif que les trafiquants n’hésitent pas à couvrir les coûts liés au transport et au dédouanement, assurant ainsi une chaîne d’approvisionnement continue.
Des répercussions économiques et sociales importantes
La raréfaction des pièces de monnaie a des effets dévastateurs sur les petits commerces et les consommateurs. Les échanges sont ralentis, les transactions deviennent complexes, et des systèmes de substitution, comme les bons d’achat ou les avoirs sur tickets, ont vu le jour pour pallier le manque de liquidités. Cependant, ces solutions temporaires ne résolvent pas le problème de fond et entraînent souvent des pertes financières pour les consommateurs.
De plus, cette crise fragilise la confiance envers le système monétaire et entrave la fluidité des échanges économiques au sein de la sous-région.
Face à cette situation critique, la Banque des États de l’Afrique Centrale a finalement décidé d’agir. Dans un communiqué officiel publié le 18 décembre 2024, la BEAC a annoncé une série de mesures pour endiguer le trafic et restaurer la circulation normale des pièces de monnaie.
Parmi ces mesures :