Algérie: limogeage du président de la cour suprême et grand balayage dans le secteur judiciaire

Le président et le vice-président de la cour suprême de la république d’Algérie, Slimane Boudi et Ben Abid Al-Wardi ont tous deux été limogés par le président de la république par intérim Abdelkader Bensalah.

L’annonce a été faite à la télévision nationale du pays. Bensalah a nommé Abdul Rashid Tebbi à la tête de la Cour suprême, en remplacement de Boudi, qui était en poste depuis 2013. La chaîne indique aussi que Abdel Rahim Majid a aussi été nommé vice-président de la Cour suprême en remplacement de Al-Wardi, nommé en 2014. Les changements au sein de la branche judiciaire du pays incluent la fin des fonctions de Fatiha Boukarsa, qui dirige le tribunal de district de Tipaza (ouest de la capitale algérienne), et la nomination de Ghassemi Djamel à la tête du tribunal de district d’Alger, en remplacement de Slimane Brahmi qui a été nommé ministre de la justice à la fin du mois de mars dernier.

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Les changements récents incluent également la fin de l’engagement de l’inspecteur général du ministère de la Justice, Tayeb bin Hashem, et la nomination de Hamdan Abdul Qadir comme successeur. Boudjemaa Ait Aoudia, chef du département des ressources humaines au ministère de la Justice, a été remplacé par Abdelmajid Bittam. Ces décisions ont coïncidé avec une campagne d’arrestations, d’enquêtes et de procès d’anciens fonctionnaires et hommes d’affaires associés à l’ancien président Abdelaziz Bouteflika (1999-2019), y compris d’anciens premiers ministres et ministres. Les lois algériennes prévoient que les hauts responsables, y compris les ministres et les gouverneurs, jouissent d’un «privilège judiciaire», de sorte qu’ils ne peuvent être jugés que par la Cour suprême, par des juges spécialement nommés.

Dimanche, le ministère public a renvoyé devant la Cour suprême les dossiers des anciens premiers ministres Abdelmalek Sellal  et  Ahmed Ouyahia, de huit anciens ministres et de deux anciens gouverneurs, pour corruption. L’Algérie est en pleine mutation depuis que Bouteflika, 82 ans, a été contraint de démissionner le 2 avril, à la suite du déclenchement de nombreuses manifestations populaires. Les manifestations se poursuivent malgré le blocage politique en Algérie, après l’expiration des délais légaux pour la tenue des élections présidentielles prévues pour le 4 juillet, sans pouvoir désigner de candidats, l’écart entre la classe politique algérienne et les manifestants pacifiques s’étant creusé Bouteflika a quitté ses fonctions. Les manifestants ont exigé le départ du président par intérim Bensalah et du Premier ministre Noureddine Bedoui, les considérant comme des symboles du régime de Bouteflika, tout en appelant à la création d’un mécanisme indépendant chargé de superviser les élections.

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