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Exclu] Bénin : sur les traces de Chakouri Assani alias « Bob », un grand chasseur d’image

Né le 24 juin 1958 au Bénin, Chakouri Assani s’est éteint le 08 avril 2019 à l’âge de 60 ans. Haut de 1,77 m pour une masse corporelle de 93 kilogrammes, l’homme gros et gras d’un visage innocent est de forme arrondie et de teint noir. Une bouche souvent entreouverte, les yeux flamboyants avec le front plat. Voir les cheveux sur la tête de Bob, paraît comme trouver l’eau dans le désert : il est un chauve. Voilà, peut-être, pourquoi il affectionne les chapeaux.  

Sur  ses grosses jambes, Bob  se distingue par son allure  majestueuse, équilibrée par   ses larges épaules. Il est direct et prompt. Vétérinaire de formation , Chakouri Assani, est titulaire d’un doctorat en sciences de la dite  discipline mais il  est décédé  journaliste reporter d’images.

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De parents nigérians, Bob au début de sa carrière a servi à Tampras Entreprise au Nigéria, puis au « MKO Abiola ». Venu d’Oyo (Nigéria), son feu père, Liaou Assani est un ingénieur bâtiment féru du cuir rond. Il fut président de l’équipe de Gazapa à Guinkomin, de Gazapa de Zongo, président de la Jeunesse musulmanes et celui de Allèm club de Boxe . Alimathou Sadiath épouse Liaou Assani, sa mère, est une commerçante.

Pour la gouverne du monde sportif béninois, le père de Bob a promu plusieurs sportifs du pays dont le plus connu a été Anah Charles, le grand gardien de l’équipe nationale de football des années 70-80. Dans les années 90, Bob vient au Bénin. Très ambitieux et dynamique, il a été nommé directeur marketing de « Matellas PEB ». Ensuite, Galiou Soglo, l’ancien ministre des Sports, a sollicité ses services dans sa cellule de communication. Un poste qu’il a également occupé aux ministère de la Justice, à celui de la culture et au ministère de l’Economie maritime .

Bob est un grand de culture. De confession musulmane  il est cependant très attaché aux valeurs de la tradition. Il est père de  six enfants, une fratrie composée de trois garçons et trois filles. Morte en couches le 2 mars 2014, sa fille-aînée était âgée de 35ans. Ce fut une tragédie pour le père qu’il était. Etranger, si vous arrivez au domicile de  Bob, il vous sera très difficile de distinguer le père des fils , tellement la proximité est grande , la familiarité aussi. Idem entre les jeunes et Bob : pas de barrières ni de formalisme générationnels. D’ailleurs, Bob a une grande admiration pour la jeunesse avec qui, il affectionne partager son expérience.

Chakouri Assani possède  une carrière riche de près de 40 ans auréolée de plus de 16 Coupes d’Afrique des Nations et près de 7 Coupes du Monde. Comme il aime à  le dire si bien « J’ai parcouru plusieurs stades dans le monde, ressortant des images de football ; j’ai des images qui parlent », il vous suffit de les voir donc.

Cependant les exigences professionnelles, l’éloignent souvent de sa famille, ce qui n’est pas sans effet : depuis plus d’une décennie Bob fête ses anniversaires hors du Bénin,  la coupe du monde étant programmée entre juin-juillet, lui-même natif de juin. « J’ai beaucoup de nostalgie, heureusement très tôt le matin, je reçois le coucou des enfants ; « vieux père » vous êtes très loin, mais nous, nous fêtons ici, joyeux anniversaire » a-t-il fait savoir à notre micro avant sa mort.

Tenez : Anniversaire de 2006, fêté en Allemagne en compagnie de  Rodrigue Guézodjè, Jean-Marie Sèdolo deux journalistes béninois. Anniversaire de 2010  célébré en Afrique du sud lors de la 19ème édition coupe du monde, à l’hôtel Majella situé à Pretoria. Cette fois-ci, c’était avec Codjo Chèkounou, président de l’hôtel le Barron de Lokossa, un ami intime de Bob et certains confrères camerounais avec qui il logeait dans le même l’hôtel. Anniversaire de 2014 ce fut  à Rio de Janeiro, lors de la 20ème édition de la coupe du monde au Brésil. Il était absent en Russie.

Comment est-il devenu chasseur d’images ?

Le feu père de Bob fut un féru de Football et de Boxe. Son oncle, un certain feu Dorégo François, est un arbitre international des mêmes disciplines. La passion de Bob pour le sport est donc une question d’ADN. « Docteur Béreck », l’autre sobriquet de l’homme, très jeune, gardait la boîte à pharmacie de l’équipe de son feu père (Liaou Assani).  Voici une petite anecdote d’enfance du reporter disparu : Enfant, « docteur Bérèck » voyait souvent son feu père, dessiner à main sur des plaques  isorels, des joueurs de football ou bien des boxeurs pour annoncer une rencontre de football ou un gala de boxe ( souvent les week-end). Il faut noter qu’à l’époque, il n’y avait ni journaux ni publicités. Donc, les affiches  prêtes, « Bob » et ses amis devaient se charger de les positionner à des endroits stratégiques afin d’attirer le public, le jour J. Ce petit boulot lui rapportait de petits revenus. Il réussissait à faire un peu d’épargne et se payait parfois  quelques séances en vidéoclub.

Lorsque « Bob » a eu l’occasion d’obtenir un appareil photo, ce qu’il a qualifié de « petit appareil » en comparaison avec les appareils modernes, il s’initia à la photographie, une autre passion du père « Partout je passais où quand j’allais au stade, je prenais des photos dans toutes les positions possibles ».

En dépit de  ses moyens limités, Chakouri Assani a couvert son premier grand évènement sportif : la finale de la CAN 1980 au Nigéria, remportée par les Supers Eagles au détriment des Fennecs d’Algérie. L’homme nous a aussi confié que le décès en 1980 de feu Salako, l’un de ses meilleurs amis, a accru sa motivation  à faire la photographie. Après un derby fantastique entre « les Requins » de l’Atlantique et les « Dragons » de l’Ouémé, (deux clubs phares du championnat du Bénin à l’époque) remporté par le club de Cotonou (1-0), ils ont été pris à partie par des supporters extrémistes  des Dragons de l’Ouémé. Le pire a été évité de justesse. Il s’en est fallu de peu que  « Bob » y laisse  sa peau. Mais il a du son salut  à un monsieur dont-il ne se souvient plus du nom « J’ai été protégé par un monsieur vers le Lycée technique. Après avoir poignardé mon ami, ils m’ont pourchassé. Ne sachant ce qui se passait, mes parents me cherchaient, mais par la grâce de Dieu, ce monsieur m’a sauvé la vie en me cachant chez lui et je suis rentré tard dans la nuit…». Alors en mémoire de cet ami « Bob » traine toujours avec son appareil.

« Il faut que tu restes ici.. »

« Arrête, il faut que désormais tu restes ici avec nous et que tu travailles » lui a dit en 2002 au Mali, le doyen Daniel Djagoué. Sans hésiter « Bob » fit ainsi son entrée dans la famille des grands reporters. En effet, il cherche, chasse et parcout les grands stades et immortalise « des images qui parlent ».

Sa rencontre avec Eto’o : Souvenir impérissable

L’année 2002 a été très riche en souvenirs pour « Bob » surtout  pour son cursus de reporter.  Evoquons le plus marquant. Ce fut  au Mali en 2002, où Bob fit la rencontre de Samuel Eto’o, la star du Football camerounais qui l’avait donc invité dans sa chambre d’hôtel. « Assis sur le même lit en train de discuter, Eto’o a reçu un appel du président Paul Biya, chef de l’Etat camerounais avant la finale contre le Sénégal. C’était très tendu, avec les problèmes entre l’entraîneur-adjoint camerounais et le staff malien en demi-finale. Il y avait une affaire de « Gbasse », où les policiers avaient menotté l’entraîneur-adjoint du Cameroun. Ce qui avait fâché la presse internationale », avait-il conté. Le Cameroun a finalement gagné (3-0). « Ma joie a été non seulement d’être proche d’un joueur de sa trempe, mais d’entendre le président Biya demandé à Eto’o de marquer avant la rencontre, (un but à la finale – ndlr), beaucoup de marque pour moi… ».

Pas que de souvenirs inoubliables…

La Coupe du Monde junior 2005 en Hollande a été très pénible pour lui, selon ses dires. « Avec la délégation béninoise, on a traversé des situations les plus difficiles. Il fallait marcher sacs au dos, matériel en main sur 10 kilomètres pour aller se restaurer. En ce moment on avait lancé un SOS à Cotonou,  journalistes béninois en danger à Paris, c’était terrible. De là, on a rejoint Amsterdam puis après jusqu’à Kelkal et puis « paff » là-bas je n’ai plus retrouvé mon sac, ni mes habits, rien que le matériel et les journaux que j’avais envoyés ». Heureusement pour lui que son cher ami, feu « Bernard Tapis » béninois avait insisté qu’il monte les copies du journal Expresse Foot, ce qu’il a fait et envoyé. Pour les habits, il a fallu aller en ville pour en acheter d’autres. « Vraiment ce fût dégueulas… », a-t-il lancé.

« Bob n’aime pas qu’on empiète sur ses intérêts où qu’on le piétine. L’un ou l’autre soyez sûr que votre relation est ainsi enrhumée.», nous a confié un de ses amis. Selon ce dernier, il déteste les abus de confiance, c’est à la police que vous allez trancher. Coté femme, c’est un jaloux fieffé. Il très protecteur de sa famille et respectueux de ses membres.  Autant Il est capable de coup de colère homérique autant sa rage ne dure  que le temps de l’incident.

« Si au paradis, on devrait jouer … »

« Si au paradis, on devrait jouer le Football… je suis toujours prêt ». Répondant à la question de savoir que représente le Football pour lui, il affirme que « comme au Brésil et beaucoup de pays d’ailleurs, c’est mon opium. Le football m’a tout donné, l’amour, la joie, le bonheur, la tristesse. Si au paradis, on devrait jouer le Football ou recommencer, je suis toujours prêt, parce que trop de passion ».

L’ancien étudiant d’Amadou Bello University Azaria est un fan du FC Barcelone et des « Red Davils ». Il le confirme en ces termes « Barça for life et Manchester United forever ». Le Football reste son passe-temps favori. Pour lui, le plus grand homme au monde c’est lui avant les autres, disait-il « c’est ma philosophie que mon image soit responsable ». Bob laisse souvent le choix à son entourage pour parler de ses qualités. Quant à son défaut « c’est que je fume trop » a-t-il lâché avec un léger sourire. Il sait qu’il indispose, il se bat, il fait tout  et  il y est parvenu avant son décès. Fin décembre 2017, il a pris sa dernière cigarette. Bien avant, vous pouvez donc tout lui demander et l’obtenir, sauf lui demander de laisser la « clope ».

Très reconnaissant, « Bob » a tenu à remercier au terme de notre échange un parterre de personnalités du monde sportif avec qui il a collaboré. Il s’agit de Macca Macca Souba de sport 5 ; du feu Jacques Roux qui lui a donné l’opportunité de servir à Africa Foot, le site du Football africain ; de Francis Laloupo, premier Directeur de Africa n°1, devenu PDG de Go Africa Tv ; d’Emmanuel Maradas, le géant au niveau de la Fifa (2,10 m), à l’image de Diouf l’ancien président sénégalais. A tous les jeunes confrères et doyens de la presse béninoise qui l’ont accompagné durant les expositions qui a eu lieu tous les ans au désormais stade Général Mathieu Kérékou (Mémoire de chasseur d’images avec Express Foot), Bob n’a pas manqué d’adresser ses remerciements.

« Je tiens à vous dire que je suis très heureux de savoir parmi tant d’autres qu’un jeune ait accepté de me faire cet honneur de mon vivant, vraiment je suis animé d’une joie immense. », avait-il conclu.

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3 commentaires
  1. MAX LA MENACE dit

    PAIX A SON AME.

  2. Esmick BOKPE dit

    Président, papy Bob, awélékpékpé j’avais beaucoup de nom. Repose en paix .

  3. Shegun AGUEMON dit

    PAix à son âme….
    Il ne râte pas l’occasion pour donner des conseils. Très bonne moralité.

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