Gabon: en pleine tourmente judiciaire à Paris, Maixent Accrombessi rejeté par Ali Bongo

Maixent Accrombressi Nkani, désormais chef traditionnel au Bénin, a été démis de ses fonctions de Haut représentant du chef de l’État gabonais Ali Bongo, ce vendredi 29 mars.

C’est la déchéance d’un homme fort du cabinet du président Gabonais Ali Bongo Ondimba. Ce natif du Bénin, très proche du président gabonais, qui occupait toujours le poste de Haut représentant personnel du chef de l’État, a été démis de ses fonctions vendredi 29 mars lors du Conseil des ministres.

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« Monsieur Maixent Accrombessi Nkani (est) remis à la disposition de son administration d’origine », selon le compte-rendu du Conseil des ministres qui s’est tenu vendredi à Libreville, parvenu à l’AFP samedi. Cette formule signifie pour celui qui a été intronisé chef des Houndji-Hountondji, lignée royale de l’ancien Dahomey, qu’il ne fait plus partie des effectifs de la présidence de la République gabonaise.

Ce licenciement intervient moins d’une semaine après le retour définitif au pays suite à une longue période de convalescence du président Ali Bongo. Un retour synonyme de la prise en main des affaires de l’Etat. L’amitié entre Maixent Accrombessi Nkani et le président gabonais Ali Bongo, depuis son accession au pouvoir après la mort de son père Omar Bongo en 2009, a été tant décriée. Personnage controversé, il est accusé par l’opposition gabonaise d’avoir profité de ses fonctions pour détourner de l’argent public et exercer une influence démesurée.

De plus, Maixent Accrombessi Nkani a été mis en examen par la justice française en décembre 2017 dans l’affaire Marck, du nom de la société française d’équipement de sécurité ayant signé des contrats avec le Gabon en 2005. En effet, soupçonné d’avoir perçu illégalement de l’argent d’une entreprise française, il avait fait l’objet, dans cette affaire, d’une interpellation retentissante à Paris le 4 août 2015. Mais il avait dû être relâché après quelques heures de garde à vue en raison de son immunité diplomatique. Le président Bongo avait alors dénoncé une tentative « d’humilier le Gabon ». Deux ans plus tard, Maixent Accrombessi était mis en examen à Paris pour « corruption passive d’argent public étranger », « blanchiment en bande organisée de corruption passive », « faux et usage de faux », selon une source judiciaire française.

La justice française le soupçonne d’avoir perçu de l’argent en échange de l’attribution, fin 2005 par le Gabon, d’un marché public de sept millions d’euros au groupe Marck, une entreprise française spécialisée dans la fabrication d’uniformes militaires. Le désormais Dah Houndji Sèhou Mindji était alors collaborateur d’Ali Bongo, à l’époque ministre de la Défense de son père Omar Bongo. Selon Jeune Afrique, la juge Claire Thépaud – qui a succédé à Serge Tournaire – pourrait encore le convoqué à Paris dans les prochains mois.

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