Mali: Emmanuel Macron, un colon dans l’âme ou le vrai visage d’un enfant un peu trop gâté?

Le président français Emmanuel Macron semble ne pas savoir la portée de ses propos quand il décide de se prononcer sur le Mali ou des Etats africains. Son comportement frise le manque de respect total envers ces pays et leurs dirigeants.

Alors que ses propos sur le Mali n’avaient pas encore cessé de susciter des réactions dans le pays ouest-africain et ailleurs, il a enchaîné avec l’Algérie sur des propos qui n’ont pas laissé indifférents les autorités algériennes. Contrairement au Mali, l’Algérie a pris des dispositions pour exprimer son mécontentement en rappelant son ambassadeur à Paris et en interdisant son espace aérien aux avions militaires français agissant dans le Sahel.

C’est là une réaction d’un Etat fort qui veut se faire respecter. Macron est revenu mardi pour jouer la carte de l’apaisement tout en faisant du charme aux algériens. Tout le contraire de son discours envers le Mali qui n’a pas réagi aux premiers propos du locataire de l’Elysée. Mardi, il est revenu à la charge sur le Mali et a, encore une fois, tenu des propos pas très diplomatiques et à la limite du mépris pour les maliens et pour leurs dirigeants.

 « L’armée française n’a pas à se substituer au non-travail, si je puis dire, de l’État malien », a indiqué Macron. Comme pour signifier que sans la France, l’Etat malien n’existe pas et donc que si l’armée française décide de partir, le Mali tomberait. C’est vraiment culotté de tenir de tels propos quand on sait que le départ de la France du Sahel n’a même jamais été envisagé et que près de dix ans après son arrivée, les terroristes ont grandi en puissance, en stratégie et en renseignement. Le résultat de la présence des forces françaises au Sahel est très mitigé.

Lorsque Macron se dresse gaillardement pour déclarer que les troupes françaises ont eu « des vrais résultats » et « de vrais succès » sur le territoire malien, il fait peut-être allusion à ces quelques djihadistes tués et aussi aux civils qui ont été abattus dans des frappes aveugles d’avions. Les vrais résultats dont parlent Macron, c’est peut-être le fait d’avoir favorisé des groupes armés qui menacent l’Etat malien et de leur avoir servi de bouclier, en empêchant la progression des troupes maliennes de marcher sur Kidal. C’est d’être venu s’installer depuis dix ans après une simple lettre de demande d’assistance aérienne, et de n’avoir pas pu éviter que la menace se propage vers d’autres pays.

La France n’a pas vraiment aidé le Mali par sa venue sur le territoire. On a l’impression qu’elle a profité de cette présence sur place pour faciliter l’expansion de la menace terroriste. Il y a environ 10 ans, les terroristes étaient à peine au Mali, quelques poignées d’individus pas très armés. Aujourd’hui, ils sont à la fois bien armés, bien formé et bien informés. La question est donc ceci : finalement qu’est venue faire Paris au Mali exactement ?

S’il est vrai qu’avec tout son arsenal militaire, la France aurait pu, si elle voulait réellement, en finir avec le terrorisme et participer à une forte armée malienne par la formation, il est d’autant plus réel que l’objectif de Paris n’a jamais été de porter assistance au Mali dans la résolution de sa crise. Il est donc clair que Macron n’est soit pas très informé de la situation, soit il tente de faire diversion en se servant de son attitude très prétentieux et mal polie.

Dans tous les cas, si le Mali ne réagit pas comme l’Algérie, il serait toujours le chou gras du « jeune maître » mal poli qui pense toujours qu’il est dans les temps de colonisation. Il est plus que temps pour le Mali et l’Afrique de prendre son destin en main afin de se débarrasser du partenaire qui ne veut pas se détacher de sa position de tuteur d’antan. Tant que les pays d’Afrique ne se feront pas respecter, ils seront toujours trainés dans la boue par des « ignorants puissants ».

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