Le président égyptien répond à l’UE: « en Egypte il y a un pouvoir qui ne se soumet à aucun ordre »

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi a clairement fait comprendre à l’Union européenne que son pays ne se soumettra à aucun ordre du groupe et n’accepterait aucune critique de sa part.

Les médias égyptiens ont rapporté les propos tenus par le chef de l’Etat Sisi, mardi lors du sommet du groupe Égypte-Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), organisé dans la capitale hongroise Budapest. Sisi n’a pas mâché ses mots pour mettre les choses au clair avec l’Union européenne qui a critiqué le pays pour sa politique sur les droits de l’homme.

« Vous avez affaire à un État qui se respecte et respecte pleinement son peuple » et « en Egypte il y a un pouvoir qui ne se soumet à aucun ordre », a indiqué le président égyptien cité par le quotidien indépendant Al Masry al Youm. S’adressant explicitement à « nos amis européens », Sissi a déclaré qu’« il est nécessaire de comprendre ce qui se passe en Egypte ».

« Laissez-moi parler et sortir du contexte du discours écrit et dire à travers la conférence, et bien sûr, nos amis européens entendront, j’imagine que l’immigration illégale reflète une forme de droits de l’homme qui est perdu dans notre région », a indiqué al-Sisi essayant de mettre l’UE face à ce qu’il appelle la réalité de son pays et de beaucoup d’autres Etats que le groupe critique en mettant en exergue les droits de l’homme.

Il a suggéré que puisque les gens essaient d’échapper à de mauvaises conditions de vie en fuyant vers différents pays, les droits économiques doivent avoir le même niveau d’importance que la liberté d’expression et les droits politiques. « C’est dans une perspective différente, non seulement du point de vue de l’expression d’opinion et de la pratique politique, mais aussi de nombreux autres droits qui ne sont pas encore disponibles dans notre région », a déclaré Sissi.

« Les pays européens sont-ils prêts à contribuer et à participer avec ces pays pour améliorer leurs conditions politiques, économiques et culturelles, afin que nous puissions parvenir à une approche différente de la compréhension des droits de l’homme, qui est toujours l’objet de controverses entre nous ? Je parle de l’Egypte et de nos amis européens. Je ne refuse pas d’aborder cette question et d’en parler, mais à partir de quelle approche ? De l’approche que vous offrez une vie décente à 100 millions d’Égyptiens », martèle le Maréchal.

Il questionne l’UE indiquant « Êtes-vous prêts, en tant qu’amis européens et pays intéressés par les droits de l’homme, à nous fournir cela ? Êtes-vous prêt à proposer un jumelage avec des universités égyptiennes avec votre université avancée pour fournir un type d’éducation de qualité qui correspond aux exigences de l’époque ? »

Il a ajouté : « Êtes-vous prêt à transférer une partie de l’industrie dans notre pays afin que nous puissions offrir des opportunités d’emploi à plus de 65% pour cent de nos jeunes ? Êtes-vous prêt à le faire ? Et nous ne demandons pas seulement des exigences aux dirigeants politiques des pays. Je crois que nous avons besoin d’une forme plus profonde de discussion et de dialogue entre nous ».

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