Bénin: le Prof Guy Ossito Midiohouan parle des « prêtres qui ont des maîtresses en ville »

Le Professeur Guy Ossito Midiohouan opine de nouveau sur le rapport « Sauvé » sur la pédocriminalité au sein de l’Église catholique en France. Interrogé par RFI, l’universitaire qui avait réclamé une enquête sur l’église catholique au Bénin, reste droit dans ses bottes et aborde le sujet sur d’autres aspects.

Pour Guy Ossito Midiohouan, le rapport « Sauvé a révélé qu’il y a un décalage entre les proclamations liturgiques et la réalité de la pratique religieuse. « Cela révèle que nous avons affaire à une escroquerie morale de grande ampleur, à un mensonge criminel qui doit interpeller tous les chrétiens du monde », a-t-il confié au micro de RFI.

Selon le Professeur de Littérature, la pédocriminalité n’existe pas seulement en France. « Les pratiques révélées au grand jour par le rapport Sauvé ont existé et existent aussi en Afrique. C’est le moins qu’on puisse dire pour le moment », a affirmé Guy Ossito Midiohouan. En tant que chrétien, il se sent interpellé. « Cela a ravivé en moi certains aspects de mon vécu personnel en tant qu’écolier, en tant qu’ancien enfant de chœur, et puis en tant qu’adulte et citoyen qui observe l’évolution de l’Église au Bénin et en Afrique », a-t-il ajouté.

Quid du Bénin ?

Au Bénin et en Afrique généralement, le Professeur Guy Ossito Midiohouan fait savoir que l’Eglise catholique n’est pas épargnée par des faits indignes. En dehors de ce qui pourrait se passer entre religieux, il évoque également le cas des prêtres qui entretiendraient des relations avec des femmes en ville. « En 2020, il y a sœur Mary Limbo du Togo qui a soutenu une thèse sur « Les figures féminines dans les religions » et qui parle d’abus sexuels sur les religieuses. Ça, c’est en interne. Maintenant, les relations des prêtres avec les femmes, les prêtres qui ont des maîtresses en ville, ça ce sont des phénomènes très courants qu’on observe chez nous », a-t-il affirmé.

L’universitaire confie que depuis la publication de sa tribune sur le sujet, qu’il a reçu des témoignages de victimes de pédophiles, qui sont des africains. Selon lui, les dérives au sein de l’Eglise, révélées aujourd’hui, sont justifiées par l’hypocrisie systémique, le célibat, l’omerta, « c’est la combinaison de tout cela qui constitue le fondement de ce que nous observons aujourd’hui », fait-il savoir. Il insiste sur la nécessité de faire une enquête sur l’Eglise catholique au Bénin, et en Afrique, même s’il dit avoir reçu des pressions.

Pour rappel, la Commission « Sauvé », qui a enquêté sur l’ampleur de la pédocriminalité, a publié le mardi 05 octobre ses conclusions accablantes, estimant à 216 000, le nombre de victimes mineures de clercs et de religieux depuis 1950. 216 000 mineurs ont fait l’objet d’abus sexuels de la part de clercs ou de religieux catholiques en France, de 1950 à 2020, selon les conclusions du rapport « Sauvé ».

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