Mali – Probable accord avec le russe Wagner: mais qu’est ce qui dérange la France à ce point?

L’accord en cours de négociation par le Mali avec le groupe russe Wagner pour la formation des forces maliennes n’a pas du tout plu à Paris qui a immédiatement brandi la menace de retirer ses forces si ceci s’avère effectif. Une attitude de la France qui frise carrément la peur que l’on découvre la puissance des russes ou la nonchalance de Barkhane face aux attaques terroristes.

La présence française au Mali est, selon Paris, le signe de la bonne coopération entre les deux pays. Cependant, si seulement coopération il y avait, pourquoi la France ne veut pas que le Mali choisisse lui-même ceux avec qui il va coopérer et dans tous les domaines de nécessité ? Si le Mali juge que l’arrivée des mercenaires du groupe russe Wagner va lui permettre de renforcer la puissance et l’efficacité de ses forces contre les groupes terroristes, alors pourquoi s’en priver ?

Depuis que les forces françaises de l’opération Barkhane sont arrivées au Mali il y a près de 10 ans, loin de se dissiper, la menace terroriste s’est accrue et les attaques sont devenues encore plus fréquentes. Les terroristes sont devenus plus puissants et disposent de matériels militaires sophistiqués. Les français ont fait appel à leurs alliés européens pour les soutenir dans la région du Sahel mais le bilan de ces années de présence militaire n’est que mitigé, très mitigé, voire médiocre.

En Centrafrique, en seulement quelques mois, les russes, aidés des rwandais, ont récupéré une bonne partie du territoire centrafricain et mis en déroute les rebelles nonobstant une sorte de frustration française. En réalité, les pays comme le Mali ou les autres pays du Sahel ouest-africain, n’ont besoin que de résultats probants sur le terrain et non de mots ou encore de menaces à chaque fois qu’ils tentent de faire avancer la lutte contre le terrorisme.

On se souvient de la menace brandie par Paris après que certains Etats avaient décidé de négocier avec les groupes armés. Avant cela, il y avait eu la convocation d’une manière pas très polie, par Macron, des présidents du G5 Sahel pour le fameux sommet de Pau où on exigeait à ces pays de discipliner leurs populations qui réclamaient le départ des forces françaises du Sahel.

Si la raison de la présence française au Mali est réellement de mettre fin aux actions des groupes terroristes et d’aider à ramener la sécurité dans la région, elle devrait normalement être heureuse que d’autres forces s’ajoutent à la guerre afin d’en finir au plus vite. Comme on le dit en Afrique, « Trop de viandes ne gâte pas la sauce » ; à moins qu’il y ait d’autres entreprises non avouées de la part de la France pour ne pas vouloir que d’autres puissances se retrouvent autour de son « gâteau ».

A plusieurs reprises, Paris a menacé de retirer ses forces du Sahel et ce, à chaque fois que le Mali décide d’entreprendre une initiative qui selon le pays, pourrait atténuer la souffrance des maliens et résoudre progressivement le problème de sécurité. Comme pour prouver que les soldats français sont à l’œuvre, Macron a annoncé jeudi, que les forces de Barkhane ont abattu le chef de l’Etat Islamique au grand Sahara (EIGS) lié à Daech. Un exploit pourtant survenu plusieurs jours plus tôt.

Cette annonce et le timing dans lequel elle a été faite, frise un peu le « vous voyez, on travaille, pas besoin des russes ». Dans tous les cas, il semble de plus en plus évident que la France n’a aucune intention de quitter le Sahel, en tout cas pas maintenant. Les autorités maliennes devraient faire ce qui semble être le mieux pour leur pays et non tenter de contenter un « partenaire » qui se comporte comme un « tuteur légal » et qui veut dicter ses lois sur un territoire qui n’est pas le sien en brandissant à chaque fois la menace de partir, comme si les terroristes étaient un outils dont il use pour se maintenir sur place.

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