Bénin: Boni Yayi chez Patrice Talon, pourvu que ce soit pour l’intérêt de la Nation

Comme annoncée la rencontre entre le Chef de l’État Patrice TALON et son Prédécesseur Thomas Boni YAYI a démarré ce mercredi matin au palais de la Marina. Cette rencontre très attendue pour le dégèle de la crise politique peut être qualifiée d’historique. Mais elle portera tout son espoir si elle peut amorcer une nouvelle gouvernance du pays; une gouvernance orientée vers l’épanouissement du peuple et non vers des deals entre acteurs politiques.

Le jeudi 12 Novembre 2020, le président Patrice Talon alors qu’il effectuait une tournée nationale de reddition de compte a partagé devant les sages de Parakou son intention de se réconcilier avec son prédécesseur. « Je vous demande, vous, sages et notables de Parakou à travailler à ma réconciliation avec mon aîné Boni Yayi. Boni Yayi et moi étions comme de petit frère et grand frère« ; a confié le chef de l’exécutif.

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Cet appel lancé depuis Parakou qui sonnait dans l’esprit des béninois comme une nouvelle ruse politique en vue de s’attirer la sympathie des électeurs du septentrion pour la présidentielle d’Avril 2021 est en cours de se réaliser. En effet, depuis quelques heures, se tient au palais de la République une séance d’échanges entre le président Patrice Talon et son prédécesseur, Dr Thomas Boni Yayi.

Cette rencontre des amis d’hier, ennemis d’aujourd’hui, selon quelques indiscrétions, serait négocié pour que les deux hommes puissent aplanir leurs différends et permettent à la République de respirer.

Une rencontre à double objectif …

Il est de la conviction générale des Béninois que ces deux hommes d’Etat à savoir Patrice Talon et Boni Yayi ont des choses personnelles à régler. Ce que d’aucuns appellent des deals. Ces deals (mal gérés) entre les deux hommes qui ne concernent pas la République mais qui l’emballent malheureusement à bien des égards à travers des luttes habillées en politiques, doivent certainement être abordés au cours des échanges.

Dans un récent post sur sa Page Facebook, le politologue Richard Boni invitait d’ailleurs les deux hommes d’Etat à régler leur deal afin de libérer la République qu’ils ont pris en otage. Le premier objectif de la rencontre de ce matin permettra donc certainement aux deux hommes d’Etat d’échanger sur ce qui les divise et qui ne concerne pas la République.

Après que les malentendus soient aplanis à ce niveau, les deux acteurs politiques pourront par la suite échanger sur un nouveau modus vivendi pour que l’activisme politique de l’un ne perturbe la gouvernance de l’autre. Lorsque le premier objectif est atteint, le second devait pouvoir l’être plus aisément.

Au demeurant, la rencontre de ce matin est déjà une bonne nouvelle pour le peuple béninois qui a dû enterrer des morts du fait de la guéguerre entre ces deux acteurs politiques. Si la rencontre est à saluer, il est néanmoins à souhaiter qu’elle soit hautement républicaine.

Nécessité de travailler pour un nouveau paradigme dans la gouvernance du pays

La rencontre entre Boni Yayi et le président Patrice Talon est sans doute le début d’un long processus de réconciliation nationale. Cette rencontre d’échanges n’est qu’un premier pas dans un processus qui aboutira sans doute à des échanges plus larges permettant in fine à certaines personnalités politiques qui n’ont rien à faire en prison ou en exil de revenir sur la scène politique de leur pays.

Mais c’est un secret de polichinelle que si les acteurs politiques se réunissent, leurs réflexions ne convergent que vers la sauvegarde de leurs intérêts « corporatiste ». La conférence nationale des forces vives de Février 1990 est bien là pour l’illustrer.

Si cette conférence a permis au peuple béninois de régler une crise évidente, il n’est plus un secret pour personne que les acteurs politiques ont profité du creuset pour prendre des décisions en leur propre faveur; pour arranger leur situation et non pour véritablement faire développer le pays. Au fil des ans, le peuple béninois a davantage compris, que la conférence a été un arrangement entre politiciens.

Si les échanges entre Boni Yayi et Patrice Talon doivent ouvrir des discussions plus large, vivement qu’il soit pour l’intérêt du peuple béninois et non pour négocier des intérêts privés. Car, durant les 30 ans du processus démocratique, le Bénin a été géré au « bénéfice exclusif » des acteurs politiques qui se sucrent avec les ressources de l’Etat. L’heure sonne certainement pour un nouveau paradigme dans la gouvernance du pays.

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