[Opinion] L’envers du décors

Le 3 juin dernier Pôle Économie de Cjea a publié une étude sur la Croissance Économique du Bénin en se basant sur les données de la Bceao et de la Banque Mondiale. Le 03 août, il y a 2 jours, le FMI a également sorti sa traditionnelle note sur la conjoncture économique régionale de l’Uemoa. De la lecture compilée de ces 2 publications, on retiendra que la façade économique du Bénin est bien jolie mais derrière, le citoyen béninois, atrocement, souffre.

 Pour ce qui concerne l’étude de Pôle Économie, on retient que la croissance économique du Bénin bien qu’effective, n’est qu’une croissance NON MARCHANDE, c’est-à-dire qu’elle ne résulte pas d’une évolution du PIB issue de la production de richesse par les citoyens béninois à travers le secteur marchand mais une croissance affectée par l’État béninois.

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En d’autres termes, c’est l’État qui crée la richesse avec la mise en place des infrastructures, les services publics etc. Or l’État ne tire ses ressources que chez les citoyens à travers les impôts et la dette, celle-ci étant elle-même un futur impôt. Ainsi, la résilience du citoyen qui ne crée pas de richesse mais qui doit aider l’État à en créer est limitée. Dans ce contexte où le serpent ne fait que se mordre la queue, cette forme de croissance induit la faillite à la longue.

Quant à la note sur la conjoncture économique régionale de l’Uemoa produite périodiquement par le FMI, le Bénin caracole en tête des exportations dans l’Uemoa. À priori on peut dire Youpiii et applaudir des 3 mains si on en avait une 3ème. Mais dans la même note, pour ce qui est des importations, le Bénin est le seul pays parmi les 8 à RECULER. Ainsi résumé, pour les exportations nous sommes 1er et pour les importations nous sommes dernier en dynamique avec le détail aggravant d’être le seul pays à enregistrer une baisse.

Si une telle note sur le Bénin réduit un temps soit peu le déficit de la balance commerciale, elle révèle une situation quand-même grave, sinon gravissime. En effet le Bénin ne produit presque rien comme biens de consommation. Il importe quasiment tout ce dont a besoin son citoyen pour s’habiller, pour construire sa maison, pour motoriser son déplacement, pour s’abreuver de boissons et même pour manger. Donc si les importations baissent, cela veut dire que le béninois ne s’habille plus bien, ne construit plus davantage, ne mange plus bien, ne s’achète plus bien les motos et les voitures etc. Et plus inquiétant, c’est l’activité économique qui organise tout ça qui recule au mieux et qui disparaît au pire.

Constant Sinzogan

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