Gabon: des policiers attaquent une prison et font évader un détenu mais l’armée intervient

Au Gabon, la prison centrale de Tchibanga, dans la province de la Nyanga, a été le théâtre d’une scène d’évasion digne d’un film hollywoodien. Un officier de police a été aidé à s’évader de la prison par près d’une cinquantaine de ses collègues.

C’est extraordinaire ce qui s’est passé dimanche au Gabon. De la célèbre série américaine « Prison Break » à la réalité, il n’y a que quelques pas. En effet, Patrick Moubogha, chef d’antenne des services de la Documentation et de l’immigration (DGDI), a été écroué par le procureur de la République, Illicth Ndjeme-Benga, pour l’agression physique d’un gendarme. Selon les médias, l’incident est survenu le mardi 22 Juin 2021, aux environs de 21 heures dans le 1er arrondissement de la commune de Tchibanga.

« Ce jour-là, une jeune fille, dont l’identité n’a pas été révélée et qui serait la copine du policier, serait venue à un stand de street food pour commander du poisson braisé, commande qui n’a pu être satisfaite, car il n’en restait qu’un seul déjà réservé et payé par Wilfried Mba Moure, un gendarme en poste à l’antenne locale de la Direction générale des recherches (DGR). Face au refus catégorique de se faire servir le dernier poisson malgré son insistance, la jeune dame finit par s’en prendre au client ne sachant pas qu’il est gendarme. Celui-ci, ne supportant pas de se faire injurier, finit par l’envoyer paître.

Frustrée, la jeune dame serait allée appeler son compagnon, qui n’est autre que Patrick Moubogha, le commandant de police. S’en suivra une altercation verbale au terme de laquelle le chef de la DGDI et quelques-uns de ses amis auraient roué de coups le gendarme. Celui-ci finit par être conduit à l’hôpital », rapporte un témoin cité par Gabonactu. C’est donc à la suite de cette altercation que le « flic vengeur » a été déposé en prison après une plainte du gendarme et une procédure judiciaire accélérée.

Cependant, les collègues du policier, n’étant pas d’accord avec la décision du procureur de faire justice et ayant jugé la procédure bafouée, ont entrepris de faire évader leur collègue de la prison. Ayant appelé des renforts venus d’une autre région du pays, au moins cinquante policiers en uniforme et armés ont pris d’assaut la maison d’arrêt et fait libérer le commandant de police, Patrick Moubogha.

Mais les super-justiciers n’iront pas très loin avec leur « prisonnier évadé ». Ils rencontreront quelques kilomètres plus loin, plus forts qu’eux. Selon les informations, le commando de cinquante policiers a été stoppé net dans la région de Ngounié par l’armée. Un bataillon de soldats de l’infanterie militaire de Mouila leur a coupé la route et a arrêté leur progression.

Ils ont tous été arrêtés et seraient actuellement aux mains de la Direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire, communément appelée B2. Quant au commandant de police libéré de force, il a été tranquillement ramené en prison. Les médias locaux rapportent que la situation est sous contrôle et que des enquêtes plus vastes ont été ouvertes dans ce dossier, dont les événements sortent de l’ordinaire.

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