Suppression de la loi sur le parrainage: le Sénégal recadre la Cour de justice de la CEDEAO

L’Etat sénégalais a répondu à la Cour de Justice de la CEDEAO, qui a ordonné la suppression de la loi sur le parrainage dans un délai de 06 mois. Le régime de Macky Sall n’entend pas se plier à la décision de la Cour et soutient que la loi sur le parrainage est conforme à la constitution du Sénégal.

Saisie par une requête sur la loi sur le parrainage au Sénégal, en 2020, la Cour de Justice de la CEDEAO a constaté que ladite loi porte atteinte au principe de la libre participation aux élections, et a ordonné à l’Etat du Sénégal de supprimer la loi dans un délai de 06 mois.

A lire aussi: La France salue la formation d’un gouvernement de transition au Tchad

En conférence de presse, la semaine dernière, le porte-parole du gouvernement sénégalais, Oumar Guèye, a pris le contre-pied de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO. « Le parrainage est conforme à notre constitution », a-t-il précisé. ‘’Ce parrainage a été évoqué lors du dialogue politique et a aussi fait l’objet d’une loi à l’Assemblée nationale. Du point de vue de la légalité, le système du parrainage est plus que légal par rapport à notre Constitution et notre législation’’, a-t-il ajouté.

Pour l’ancien ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall, les juges de la CEDEAO doivent revoir leur copie. « Dans cette affaire du parrainage, la Cour évoque une possible violation des droits de l’homme, le droit de participation électorale lors des futurs scrutins. Cet argument est juridiquement dénué de fondement parce que la violation du droit invoqué ne doit pas être incertaine, elle doit être réelle et non pas reposer sur des allégations futures. Ce qui n’est pas le cas », a-t-il fait remarquer.

A lire aussi: Tchad: l’appel de l’ancien président, Goukouni Weddeye, à la junte et aux rebelles

Pour rappel, la loi sur le parrainage a été celle qui a le plus agité la scène politique sénégalaise lors de la présidentielle de 2019. L’opposition sénégalaise et la société civile ont jugé « antidémocratique » cette loi, alors que la mouvance présidentielle a estimé que c’est un moyen d’éviter les candidatures « fantaisistes ».

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter En Savoir Plus