Michel Dussuyer: « La Sierra Leone avait prévu son coup »

Dans un entretien exclusif accordé à Football 365, Michel Dussuyer est revenu sur le calvaire à Freetown à l’occasion de la 6è journée des éliminatoires de la CAN 2022 face à la Sierra Leone. Le sélectionneur du Bénin estime que les Leones Stars avaient prévu leurs coups.

Annoncée comme une finale avant l’heure, la rencontre entre le Bénin et la Sierra Leone comptant pour la 6è journée des éliminatoires de la CAN 2022, a été reportée à juin 2021 en raison de l’énorme imbroglio autour des tests Covid qui a prévalu à Freetown.

Dans un entretien exclusif accordé à Football365 Afrique, le sélectionneur des Ecureuils, Michel Dussuyer, est revenu sur ces événements déplorables qui dégradent davantage l’image du foot africain. Et pour le technicien français, la Sierra Leone avait déjà tout planifié avant l’arrivée des Écureuils.

« On a retesté toute la la délégation le samedi soir, après le match contre le Nigeria, afin d’avoir les résultats dimanche, jour du voyage. Nous n’avions aucun cas positif parmi les 80 personnes qui devaient prendre place dans ce vol affrété. Nous sommes arrivés sur le coup de 17 heures dimanche, à J-2 du match », explique Dussuyer.

« Nous n’avons pas subi de test à l’arrivée, ce qui est assez étonnant dans ce contexte de pandémie. Nous sommes allés directement à l’hôtel. Notre installation s’est faite sans problème. Mais déjà, je trouvais bizarre que nous n’ayons pas eu de test à l’aéroport », a-t-il ajouté.

Le lundi matin, une équipe médicale est venue à l’hôtel des joueurs à 11 heures. « Ils nous ont demandé de fournir des paperasses, de remplir des formulaires, tout ça pour chaque joueur. Cela a pris du temps. On a dû commencer à faire les tests à 12h30 ou 13 heures », poursuit l’entraîneur français. Après ces formalités, le groupe a pris la direction du stade de Freetown où est prévu le match.

« Le fait qu’ils ne nous testent pas à l’arrivée était bizarre »

Et c’est là que les choses ont pris une autre tournure. « (…) J’apprends alors qu’une fois le bus parti, le docteur s’est pointé à l’hôtel pour informer le président de la FBF, Mathurin de Chacus, et le ministre des Sports, Oswald Homéky, que nous avions cinq joueurs positifs », « Le commissaire de la CAF fait descendre les Sierra-Léonais et nous demande d’attendre. Il nous dit que les cinq joueurs positifs devaient rester dans le bus pour être isolés des autres. Des ambulances les attendaient. Le ministre des Sports nous avait demandé de tous rester dans le bus, en attendant un éventuel dénouement », confie le coach français.

Pour Dussuyer, il ne s’agit ni plus ni moins qu’une supercherie des Sierra leonais pour affaiblir les Béninois avant le coup d’envoi de la rencontre : « Le fait qu’ils ne nous testent pas à l’arrivée était bizarre. Ils avaient, je pense, prévu leur coup en nous testant la veille pour pouvoir justifier de sortir les tests très peu de temps avant le match. La délégation comptait environ 80 personnes, car c’était un vol affrété. Et après les tests, personne n’est positif, sauf cinq titulaires. Et quand vous regardez la liste, vous remarquez qu’il s’agit de l’épine dorsale de l’équipe, avec un gardien de but, deux défenseurs centraux et deux attaquants ».

Le match a été finalement reprogrammé au mois de juin, date à laquelle le Bénin jouera aussi des rencontres des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022. Ce qui n’est pas pour plaire au sélectionneur national qui craint pour ses poulains qui vont devoir enchaîner les rencontres. « Pour l’instant, le match est reporté au mois de juin. On aura trois matchs à disputer, avec des déplacements, tandis que la Sierra Leone n’aura qu’un match à gérer. On va aller à Madagascar, revenir jouer la RDC. C’est déjà très chargé », s’inquiète Dussuyer.

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