Centrafrique: réélu, Faustin Archange Touadéra appelle à la réconciliation nationale

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Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra, dont la réélection a été validée lundi par la Cour constitutionnelle, a appelé à la réconciliation nationale et déclaré tendre la main à l’opposition démocratique dans un discours à la nation diffusé à la télévision nationale.

“Je tends la main patriotique à l’opposition démocratique afin de sortir notre pays du cycle vicieux de violences et de destruction. Au lendemain de mon investiture, nous allons poursuivre la réconciliation nationale afin de décrisper le climat politique pré et post électoral”, a déclaré le chef de l’État.

La juridiction suprême a rejeté un peu plus tôt les recours en annulation du scrutin de 13 des 16 rivaux du chef de l’État sortant. Ils invoquaient des “fraudes massives” et l’impossibilité pour deux électeurs inscrits sur trois de voter, le 27 décembre, en raison de l’insécurité, dans un pays où les plus puissants des groupes armés contrôlent deux tiers du territoire et ont lancé une nouvelle offensive une semaine avant le scrutin.

M.Touadéra a une nouvelle fois accusé l’ancien président François Bozizé, dont la candidature avait été invalidée par la Cour constitutionnelle, d’avoir “conçu la rébellion, réuni les moyens et mis le feu au pays ; bien sûr, avec les mercenaires étrangers qu’il a recrutés et ses alliés politiques que vous connaissez tous, pour satisfaire son ambition personnelle ou familiale”.

Le 17 décembre, six des plus puissants groupes armés qui occupent les deux-tiers de la Centrafrique, se sont alliés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), puis ont annoncé le 19, huit jours avant les élections présidentielle et législatives, une offensive dans le but d’empêcher la réélection du président Touadéra.

“Les auteurs, coauteurs et complices présumés de ces crimes imprescriptibles commis contre le peuple centrafricain seront recherchés, arrêtés et traduits devant les juridictions compétentes”, a-t-il affirmé.

Il a également remercié les partenaires internationaux, notamment l’Union européenne et l’ONU, qui ont investi plusieurs millions d’euros dans l’organisation des élections, et n’ont eu de cesse depuis les premiers résultats partiels d’appeler le chef de l’État au dialogue et à la réconciliation. 

Un électeur sur trois

Le président centrafricain Faustin Archange Touadéra a été proclamé réélu lundi par la Cour constitutionnelle, mais deux électeurs sur trois n’ont pas voté, essentiellement en raison de l’insécurité dans ce pays en guerre civile depuis huit ans et théâtre d’une nouvelle offensive rebelle.

D’immenses défis se profilent maintenant, dont celui de la légitimité, pour un chef de l’État élu avec 53,16% des voix et une participation de 35,25% sur un territoire quasiment réduit à la capitale et ses environs.

Il lui faudra également redresser, sous la menace d’un putsch, l’économie à l’agonie du deuxième pays le plus pauvre du monde, dont plus de la moitié des habitants ont besoin d’assistance humanitaire et un quart ont fui leur domicile depuis le début de la guerre civile en 2013, selon l’ONU.

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