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Patrice Talon, Nicéphore Soglo et Boni Yayi Photo: Présidence de la république

Bénin – Politique nationale : présidentielle inclusive à quel prix ?

La présidentielle prochaine sera inclusive. L’annonce a été faite par le premier magistrat du Bénin, Patrice Talon, devant sages et notables à Nikki, vendredi 13 novembre dernier. Farce ou parole digne de foi ?

Les forces de l’opposition peuvent pousser un ouf de soulagement. Contrairement au scrutin législatif ou ils ont été absents en raison de certaines dispositions introduisent dans le processus électoral, elles peuvent d’ores et déjà s’assurer de prendre part à l’élection présidentielle de 2021 avec son cortège d’enjeux.

Patrice Talon, lors de sa descente dans le Septentrion, dans le cadre de son périple présidentiel entamé depuis le 12 novembre, a donné les gages à tous les candidats désireux de participer au prochain scrutin présidentiel. Les goulots d’étranglements seront levés en vue d’une élection inclusive festive.

Effet d’annonce ou parole digne foi ?

Les consultations électorales projetées pour 2021 seront ouvertes à toute la classe politique. Le jeu démocratique sera de mise, comme de tradition dans le pays. ‘’Je vous promets, c’est un engagement que je prends, que les élections présidentielles à venir verront la participation de tout le monde’’, a lancé avec certitude Patrice Talon à Nikki.

Cette assurance du chef de l’Etat est prise avec beaucoup de pincettes dans certains milieux politiques et au sein de l’opinion nationale. Comme des Saints Thomas, des personnalités politiques et citoyens sont septiques et attendent la suite. Ils pensent qu’il serait parfaitement illusoire de croire aux propos de Patrice Talon. Loin s’en faut !  Pour l’ancienne députée, Amissétou Affo Djobo, c’est du bluff, c’est encore de la ruse et de la rage.

La question du parrainage

L’autre verrou à sauter si l’on tient à une élection inclusive crédible et sans anicroches est la question du parrainage. Puisque le pays dispose d’un parlement monocolore et la quasi-totalité des élus communaux sont de la mouvance présidentielle et dont le parrainage conditionne la validité d’une candidature.

Quand bien même, des députés se disent prêts à épauler des candidats de l’opposition, cela ne garantit pas la crédibilité du scrutin présidentiel. Toute chose qui explique la levée de boucliers contre cette disposition introduise manu militari dans les nouveaux textes électoraux. Et c’est pourquoi, plusieurs recours sont déjà formulés devant la Cour constitutionnelle  sollicitant l’annulation de la question du parrainage qui, au passage, n’a pas fait long feu dans certaines démocraties.

Des lueurs d’espoir pour le parti de Boni Yayi

Patrice Talon a donné des gages au parti de Boni Yayi quant au récépissé attestant de  l’existence juridique de la formation politique. C’est dire  donc que dans les tout prochains jours, Les Démocrates auront le précieux sésame après plus de trois mois de chemin de croix au ministère de l’intérieur. Le plus grand parti de l’opposition, disent-ils, pourra donc se lancer dans la conquête du pouvoir.

A tout prendre, Patrice Talon devra poser très prochainement les jalons d’une élection présidentielle inclusive, quitte à crédibiliser ses propos.

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