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Bénin – Etudiant tué par balle à l’UAC: la cour convoque Habib Ahandéssi à une audience publique

Habib Ahandéssi, président du mouvement socialiste révolutionnaire et président d'honneur de l'ONG la voix des Etudiants

Le 02 novembre 2020, Habib Ahandéssi introduisait à la cour constitutionnelle, un recours dans laquelle, il dénonce la mort par balle de l’étudiant Théophile Dieu-Donné Djaho à l’UAC. Pour statuer sur le dossier, le requérant, Habib Ahandéssi est convoqué à une audience publique prévue pour le mardi 1er décembre 2020.

Environ trois semaines après son recours contre le Président de la République Patrice Talon et le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique Mr Sacca Lafia pour violation des articles 15, 19, 34, 35, et 41 de la constitution dans l’affaire de l’étudiant tué par balle sur le campus de l’Université d’Abomey Calavi, Habib Ahandéssi, président de l’ONG La Voix des Etudiants et membre du parti Union Sociale Libérale (USL) est convoqué par la cour constitutionnelle à une audience publique.

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Un recours inscrit au rôle de l’audience de la première chambre …

“Par correspondance en date à Cotonou du 02 novembre 2020, vous avez saisi la cour d’un recours inscrit au rôle de l’audience de la première chambre de mis en état du 1er décembre 2020 qui se tiendra à 09 heures très précise dans la salle des audiences publiques de la cour constitutionnelle, sise au lot 160006, zone(…)”, a notifié la cour à Habib Ahandéssi.

“Je me présenterai à cette audience pour défendre devant la cour constitutionnelle le contenu de mon recours”, a rassuré Habib Ahandéssi en légende de la convocation rendue publique sur sa page Facebook.

Du recours d’Habib Ahandéssi…

“En vertu des articles 3 et 122 de la Constitution béninoise, nous demandons à la Haute Juridiction de déclarer contraire aux articles 15, 19, 34, 35 et 41 de la Constitution béninoise, l’usage disproportionné de la force publique et le silence du Président de la République et du Ministre de l’Intérieur après les événements survenus à l’Université d’Abomey-Calavi le 24 mars 2020 ayant occasionné le décès de l’étudiant Théophile Dieudonné DJAHO, abattu à balle réelle”

Habib Ahandéssi

Faire interpeller les auteurs des violations

Pour Habib Ahandéssi, en tant que citoyens chargés d’une fonction publique, le Ministre de l’Intérieur et le Président de la République avaient le devoir constitutionnel de tout mettre en œuvre pour prévenir les atteintes aux droits fondamentaux, de les dénoncer et de faire interpeller les auteurs des violations.

“Par leur défaillance, ils ont méconnu les articles 15, 19, 34, 35 et 41 de la Constitution”, peut-on lire dans le recours, dont des exemplaires sont parvenus à la rédaction de BENIN WEB TV. A en croire le plaignant, “lorsqu’un crime aussi épouvantable est commis, les responsables sont interpellés, la justice est rendue”. Or, dit-il, à ce jour, les auteurs de ces violations n’ont pas été interpellés.

C’est pourquoi, Habib Ahandéssi demande à la Cour de déclarer contraire à la Constitution, l’usage disproportionné de la force publique autorisée, indique-t-il, par le Ministre de l’Intérieur, de dire que Ministre de l’Intérieur a violé les articles 15, 19, 34 et 35 de la Constitution et que le Président de la République a méconnu les articles 15, 19, 34, 35 et 41 de la Constitution.

Retour sur la mort par balles de Théophile Djaho

Théophile Dieu-donné Djaho, étudiant en première année de géographie, a été touché par balles à l’Université d’Abomey-Calavi le 24 mars 2020. Tout serait parti de la volonté des étudiants de sauver leurs vies et de lutter contre la propagation de la covid-19. Ainsi, la Fédération nationale des étudiants du Bénin (FNEB) avait annoncé la veille, soit le 23 mars, la suspension des cours. Dans dans ce sens que le lendemain, les étudiants ont envahi les amphithéâtres pour faire respecter le mot d’ordre: la suspension.

Alors que les responsables étudiants vidaient les amphithéâtres, la police a arrêté trois parmi eux. Une arrestation qui a provoqué l’affrontement à la suite d’une mobilisation pour exiger la libération de leurs camarades. Dans ce tohu-bohu, Théophile Djaho aurait été abattu alors qu’il fuyait les éléments de la police républicaine.

Des témoins rapportent que l’étudiant n’a pas résisté longtemps à la balle reçue. La même source précise qu’il était déjà mort avant son transfert à l’hôpital. Toutefois, les étudiants arrêtés lors de la manifestation ont été par la suite libérés.

Boni Yayi dénonce une bavure anti-démocratique

Dans un tweet, l’ancien président Boni Yayi a dénoncé la mort de l’étudiant qu’il qualifie de bavure “anti-démocratique”. Par la même occasion, il a présenté ses condoléances à la famille éplorée. “Un étudiant abattu par la police béninoise pour avoir réclamé le confinement du monde universitaire face à la propagation du COVID-19. En ma qualité d’ancien Président, je condamne cette bavure anti-démocratique. Mes Condoléances à la famille de la victime”, a-t-il écrit sur son compte Twitter.

La mise au point du gouvernement

Selon Alain Oroula, lors d’une conférence de presse animée le vendredi 03 avril 2020, le gouvernement est informé de la mort de l’étudiant Théophile Djaho. D’après lui, pour le moment, le gouvernement ne peut prendre position sur ces drames sans le rapport des investigations en cours.

“Nous avons appris ces informations. Des investigations sont en cours. On veut savoir exactement dans quelles circonstances ces drames sont survenus avant que le gouvernement ne prenne une position. On ne peut pas parler de choses dont on n’a pas connaissance”

Alain Oroula, Porte-parole du gouvernement.

Pour Alain Orounla, ce qui se dit à travers les réseaux sociaux, par des personnes qui ne sont pas qualifiées, n’est pas conforme à la réalité. Il souligne que la réalité résulte des investigations qui sont en cours et qui permettront de déterminer exactement ce qui s’est passé.

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