Boni Yayi et Nicéphore Soglo

Prochaine élection au Bénin : quelle manœuvre de l’opposition pour éviter un bis repetita ?

Le souvenir du scrutin législatif, déroulé le 28 avril 2019 et marqué par la participation exclusive des partis de la mouvance, est encore vivace dans l’esprit des béninois. A moins de 7 mois de l’élection présidentielle, l’opposition navigue à vue et malheureusement n’a encore aucune garantie de prendre part au scrutin avec son cortège de contraintes, notamment la question du parrainage.

Progressivement l’on s’approche de l’élection présidentielle au Bénin. L’actuel locataire de la Marina viendra au terme de son quinquennat en mai 2021. Et ça grouille dans les Etats-majors des formations politiques. L’opposition, plongée dans un sommeil pathologique, a juré de prendre le pouvoir après avoir raté la députation. Mais manifestement, elle  semble n’avoir pas assimilé la leçon et continue dans les mêmes travers.

A la quête d’une existence formelle

Dans la perspective de la conquête du pouvoir, Les Démocrates, le plus grand parti de l’opposition, disent-ils, est porté sur les fonts baptismaux. Cependant, il continue de raser les murs du ministère de l’intérieur, en quête d’une existence légale et juridique. Annoncé à grand renfort médiatique, il y a peu, l’éléphant, à même de terrasser la mouvance présidentielle, étale progressivement ses limites.

Il a enregistré récemment une vague de démissions de plusieurs membres fondateurs dans le département du Mono. Une saignée qui déstabilise le parti et prouve à suffisance que le virage est mal négocié. Pendant ce temps, le ministère de l’intérieur joue les prolongations quant à la délivrance du récépissé devant permettre au parti d’avoir une existence juridique et partant, lui donne droit de prendre part à l’élection présidentielle.

En lieu et place de ce document précieux, “Les Démocrates” multiplie les assauts contre les tenants du pouvoir comme à la veille des législatives où l’opposition a assisté impuissante au scrutin. Le Président Nicéphore Soglo est intervenu, mercredi 23 septembre au soir, pour calmer la tension au sein de l’opposition ou de la Résistance, un creuset forgé manu militari, dont l’objectif est de restaurer l’Etat de droit. Mais le malaise persiste ! Rien de concret ne peut être possible, sauf par occultisme, si les tenants et les aboutissants vivent sous le poids d’un climat de méfiance.

Parrainage : un verrou à sauter ?

Dans les nouveaux textes électoraux, a été introduit le système de parrainage à l’élection présidentielle. Un verrou qui défraie la chronique  depuis peu et focalise toutes les attentions. Une séance s’est tenue entre la Commission électorale nationale autonome et des députés à cet effet en vue de lever toute équivoque. Mais l’imbroglio est patent.

Quelques jours plus tôt, le formulaire du parrainage a même déjà été publié précisément le 06 octobre dernier. Il est prévu que la CENA génère 160 formulaires nominatifs de parrainage puisque le Bénin compte 83 députés et 77 maires. Mais ce système continue d’alimenter la polémique même si des députés et élus communaux rassurent de parrainer des candidats de l’opposition.

Talon : la longueur d’avance

L’actuel locataire de la Marina est candidat à sa propre succession, c’est un secret de polichinelle. Contrairement à ses dires lors de la campagne électorale en mars 2016 et son engagement devant la coalition de la Rupture, Patrice Talon a pris à contre-pied ses adversaires politiques. Il est désormais dans les starting-blocks de la présidentielle de 2021. Les événements politiques qui se sont succédés durant son quinquennat prouvent que le chantre de la rupture est un animal politique très rusé ayant toujours un avantage sur ses concurrents.

C’est pourquoi, l’opposition doit taire les querelles intestines et batailler dur si elle tient à conquérir le pouvoir en 2021. Eric Houndété et les autres doivent revoir leurs stratégies et stratagèmes face à un adversaire qui ne dort pratiquement pas.

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