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“N’écoutez pas les César et les Jézabel”, un cri du cœur du père Marius Djadji aux ivoiriens

La situation pré-électorale en République de Côte d’Ivoire inquiète le monde entier, dont les leaders religieux. C’est dans cette optique que le père Marius Hervé Djadji du Diocèse de Yopougon, à travers une analyse, interpelle la conscience collective, surtout les politiques.

Loin de créer une psychose dans cet environnement de questionnement et d’angoisse que traverse actuellement les ivoiriens, mais aussi le monde, comme l’a écrit le père Marius Hervé Djadji, prêtre du Diocèse de Yopougon et Docteur en Théologie dogmatique, dans une analyse qu’il a publié, il interpelle les leaders politiques, les jeunes et tous les acteurs pouvant éviter le chaos pour la Côte d’Ivoire. Pour l’homme de Dieu, la Côte d’Ivoire est entrai de quitter le stade du génocide verbal à la République des machettes.

« ‘’ L’analyse que je propose ici est une interpellation et non une manière de créer encore une psychose dans un environnement de questionnement et d’angoisse. Cependant il faut avoir le courage de le dire et d’affirmer sans peur que la Côte d’Ivoire n’est pas loin d’un génocide. Il est vrai que les Ivoiriens me diront que j’exagère parce que dans ce pays d’aveugles où on ouvre les yeux que pour pleurer et utiliser le nom de Dieu pour soutenir tout ce qui arrive, personne ne veut affronter la vérité …’’ ; ‘’… Depuis quelques semaines, nous assistons à un génocide verbal. En dehors des attaques et des piques sur la toile entre les partisans de chaque leader politique, tout le monde observe la haine dans les paroles de nos autorités et politiciens. Des ministres, des opposants, des hommes politiques respectables utilisent un langage ‘‘poubelleux’’ pour s’interpeler, menacer, insulter. Le vocabulaire qu’ils utilisent est une machette verbale, langagière.’’ »

Du génocide verbal à la République des machettes

Prenant exemple sur le Rwanda, le Marius Djadji, dit que c’est du mot cafard que l’on est arrivé à une tuerie en masse. Et qu’il faille qu’un sursaut de conscience naisse au sein de la population pour que son pays la côte d’ivoire n’en arrive là. Puisque, déjà l’on assiste à une déambulation des jeunes machettes à la main dans les rues de la Côte d’Ivoire. Hors la machette est utiliser dans les champs de café, de cacao, d’hévéa …

« ‘’Quand on fait un parallélisme entre les différents génocides, tout part de ce que j’appelle le génocide verbal. Au Rwanda, l’on est passé du mot cafard à la tuerie de masse. Tout génocide part du regard qu’on a de l’autre, de la manière dont on traite l’autre. Si on le traite comme un sous-homme, un homme à tuer, à assassiner, à éliminer, la seule chose qui restera c’est une attaque physique. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire nous avons franchi cette première étape quand on compile les différents discours des leaders politiques…’’ ; … L’on ne sait pas d’où viennent les machettes, qui les utilisent. Ces jeunes et ces enfants se sentent à l’aise et dans un terrain conquis. J’appelle les gouvernants, le ministère de la sécurité et de l’intérieur à prendre leur responsabilité. Si chaque Ivoirien utilisait sa machette pour se défendre, qui pourra s’en sortir ? Si chaque Ivoirien utilisait la machette pour imposer ou soutenir un candidat qui pourra vivre dans ce pays ?’’ »

L’invite du père Marius Djadji

Tout en  condamnant les réunions des crises post-électorales où l’on invite au pardon et ou à la réconciliation, il en appelle à une véritable prise de conscience de tous les décideurs et collaborateurs (le président de la République, le gouvernement, les Forces de défense et tous les leaders politiques). ‘’Il n’y aura pas toujours un camp qui tuera et un autre à qui on imposera le pardon par des menaces. J’invite le président de la République, le gouvernement, les Forces de défense et tous les leaders politiques à revoir leur langage si nous voulons la paix dans ce pays. Une campagne électorale ne doit pas être un lieu d’injures et de menaces.’’

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Côte d’Ivoire: du génocide verbal à la République des machettes

L’analyse que je propose ici est une interpellation et non une manière de créer encore une psychose dans un environnement de questionnement et d’angoisse. Cependant il faut avoir le courage de le dire et d’affirmer sans peur que la Côte d’Ivoire n’est pas loin d’un génocide.

Il est vrai que les Ivoiriens me diront que j’exagère parce que dans ce pays d’aveugles où on ouvre les yeux que pour pleurer et utiliser le nom de Dieu pour soutenir tout ce qui arrive, personne ne veut affronter la vérité. J’espère que cet article permettra à chacun de prendre conscience pour désarmer les cœurs.

Du génocide verbal à la machette

Dans une de mes réflexions, m’appuyant sur l’intériorité selon la Bible, j’ai invité chaque Ivoirien à purifier son verbe et son cœur. Malheureusement personne n’a écouté mon message. Depuis quelques semaines, nous assistons à un génocide verbal. En dehors des attaques et des piques sur la toile entre les partisans de chaque leader politique, tout le monde observe la haine dans les paroles de nos autorités et politiciens. Des ministres, des opposants, des hommes politiques respectables utilisent un langage ‘‘poubelleux’’ pour s’interpeler, menacer, insulter.

Le vocabulaire qu’ils utilisent est une machette verbale, langagière. Quand on analyse les discours de ces hommes qui tiennent notre pays et ceux qui veulent gérer notre belle Côte d’Ivoire, nous pouvons simplement dire que l’éducation, la politesse, la discipline, l’élégance politicienne et le savoir-vivre ont disparu. Dans un pays où la jeunesse est déjà esclave de grossièreté dans le langage musical, le vocabulaire des personnes ayant occupées des postes importants dans des Institutions internationales, le vocabulaire de ces ministres et hommes d’Etat constituent un véritable génocide.

Quand on fait un parallélisme entre les différents génocides, tout part de ce que j’appelle le génocide verbal. Au Rwanda, l’on est passé du mot cafard à la tuerie de masse. Tout génocide part du regard qu’on a de l’autre, de la manière dont on traite l’autre. Si on le traite comme un sous-homme, un homme à tuer, à assassiner, à éliminer, la seule chose qui restera c’est une attaque physique. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire nous avons franchi cette première étape quand on compile les différents discours des leaders politiques.

Dans le film sur le génocide rwandais, après le génocide verbal, l’on est passé à l’avènement des machettes. Les jeunes, les enfants et les adultes se promenaient avec des machettes dans les rues et des quartiers. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, nous sommes à la phase des machettes. A Bonoua, Daoukro, Dabou, Anono nous avons vu des jeunes avec des machettes cherchant à tuer, à détruire au nom de la politique et de la religion. Nous ne sommes donc pas loin des tueries au nom d’une ethnie, d’une idéologie, d’une religion ou d’un homme politique.

Que retenir ?

Grâce à la machette, la Côte d’Ivoire est devenue un grand pays producteur du café, du coton, de l’hévéa et du cacao. Les machettes n’ont jamais été utilisées pour être au pouvoir au niveau politique ou pour se maintenir au pouvoir. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire est devenue la République des machettes. Des jeunes, des enfants se promènent de quartiers en quartiers avec des machettes sans être inquiétés. L’on ne sait pas d’où viennent les machettes, qui les utilisent. Ces jeunes et ces enfants se sentent à l’aise et dans un terrain conquis. J’appelle les gouvernants, le ministère de la sécurité et de l’intérieur à prendre leur responsabilité. Si chaque Ivoirien utilisait sa machette pour se défendre, qui pourra s’en sortir ? Si chaque Ivoirien utilisait la machette pour imposer ou soutenir un candidat qui pourra vivre dans ce pays ?

Il y a des Ivoiriens qui, par éducation, par amour pour leur pays et pour le prochain et au nom de leur foi, n’utiliseront jamais les machettes pour tuer. Ils seront dans les champs avec les machettes pour vous permettre de remplir des poches pour ensuite les narguer. Chers gouvernants et hommes politiques, les Ivoiriens sont fatigués de ces réunions hypocrites après des tueries. Où sont nos forces de l’ordre quand ces jeunes et ces enfants poursuivent la population avec les machettes ? Où sont nos agents de sécurité quand ils se pavanent avec des machettes dans les quartiers ?

Il n’y aura pas toujours un camp qui tuera et un autre à qui on imposera le pardon par des menaces. J’invite le président de la République, le gouvernement, les Forces de défense et tous les leaders politiques à revoir leur langage si nous voulons la paix dans ce pays. Une campagne électorale ne doit pas être un lieu d’injures et de menaces.

Transformons la politique à un jeu de dames pour que la Côte d’Ivoire soit ce pays dans lequel la vipère et l’enfant se promènent sans violence. J’invite les parents de ces jeunes qui s’adonnent à cette mission de machette à prendre leur responsabilité. Quant aux Forces de défense et de sécurité, je vous invite à protéger la population dans la vérité et dans l’amour de votre travail parce que les politiciens affamés passeront mais la population et le pays resteront.

Que chaque Ivoirien regarde Dieu, écoute son cœur, se souvienne de ce qu’il a toujours vécu avec son frère et sa sœur dans le quartier. N’écoutez pas les César et les Jézabel.

Père Marius Hervé Djadji

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