Photo par Sophie BOUILLON / AFP

#EndSars au Nigeria : pillages de masse dans plusieurs villes du pays

Les pillages de masse ciblant  les bâtiments publics et les entrepôts de nourriture se multiplient au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, après deux semaines de soulèvement populaire et de graves troubles sociaux qui semblent échapper aux autorités. 

A Lagos, mégalopole économique de 20 millions d’habitants, la situation était plutôt calme et le couvre-feu strict imposé depuis mardi soir a été  allégé, après une semaine de violences extrêmes.  Mais dans  plusieurs villes du pays, les pillages de masse se poursuivaient, comme à Ede (Etat d’Osun, sud-ouest) ou à Jos (centre), où plusieurs milliers de personnes ont envahi et pillé un immense entrepôt de nourriture qui devait être distribuée en mars et avril dernier, pendant le confinement mis en place pour lutter contre l’épidémie de coronavirus.

“Donc pendant le confinement, nous avions faim, et ils cachaient la nourriture!”, s’exclame Mafeg Pam, une habitante de Jos. “Quel genre de gouvernement avons-nous? Nous sommes faibles, beaucoup meurent de faim.” “Ils ont caché cette nourriture depuis le début du confinement (fin mars). Tous les prix ont augmenté. Comment faisons nous pour survivre?”, confie à l’AFP Mohammed Ibrahim, sur la route qui mène à l’entrepôt, remplie de personnes portant des sacs estampillés +Ne pas vendre. Gouvernement du Nigeria+”. 

Le Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique et réputé pour être l’un des pays les plus corrompus au monde, traverse une très grave crise sociale, et les mouvements de contestations, nés à Lagos contre les violences policières il y a deux semaines ont dégénéré en vagues de violences et de pillages de masse.  A Ede, dans le sud-ouest du Nigeria, le pillage d’un entrepôt  de ce type a bloqué la ville vendredi. A Calabar, dans le sud-est, des maisons d’hommes politiques ont été dévalisées. 

A Lagos, la situation était plutôt calme néanmoins et la fièvre retombée après des jours de violences inédites qui ont totalement paralysé la ville. Le couvre-feu y a été allégé et les habitants autorisés à sortir de chez eux de 8h du matin à 18h le soir.  La répression sanglante de manifestations pacifiques à Lagos mardi soir, qui ont fait 12 morts selon Amnesty International ont indigné le pays et la communauté internationale. 

Selon l’ONG de surveillance des droits de l’Homme, au moins 56 personnes ont été tuées dans tout le pays depuis deux semaines de soulèvement. 

Le président Muhammadu Buhari , ancien général putschiste dans les années 1980, puis élu démocratiquement en 2015 puis 2019, a regretté les “nombreuses vies perdues”, mais n’a donné aucun bilan officiel sur le nombre de victimes jusqu’à présent.  Dans une allocution télévisée jeudi soir, il a prévenu qu’il n’autoriserait personne à “mettre en péril la paix et la sécurité de l’Etat” et regrettait d’avoir été “trop faible” pendant ces deux semaines de contestation.

1 commentaire
  1. Ndiaye dit

    Le médecin incapable de diagnostiquer le mal dont souffre son patient. Dommage pour le Nigeria. Ce monsieur mérite d’être dans son champs et profiter tranquillement de sa retraite.

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